Rions un peu…

J’avais un doute. Un bon ami disait à qui voulait l’entendre:  » C’est le singe qui descend de l’homme.  » A voir ce chimpanzé se marrer ainsi, je n’en ai plus. Seulement, je me demande quelle blague on a pu lui raconter et qui sait aussi bien parler le singe. Il ne nous reste plus qu’à l’apprendre. En tous cas, lui, il sait déjà, il est prêt.

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Kim Jong-Un vs Trump…

Dans le dilemme où nous a plongé le Dictateur Kim Jong-Un par son challenge avec Trump,  un peu d’humour n’est pas de trop pour considérer la situation, explosive s’il en est. Stanley Kubrick avait déjà exploité ce filon dans son film Le Docteur Folamour, fiction où les Présidents respectifs des Etats Unis d’Amérique et de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques s’entretenaient au téléphone rouge d’un sujet plus que brûlant: un bombardier lourd de L’US Airforce armé d’une bombe atomique se dirigeait droit devant sur Moscou. Pour échapper à tout contrôle radar, le monstre volait à très basse altitude en rasant les plaines d’Asie Centrale, ébouriffant au passage quelques hérons, réveillant des marmottes et autres chameaux qui n’en avait jamais tant vu. Le décompte en minutes étant amorcé, le brutal Président russe haussait le ton cependant que son homologue l’appelait par son prénom en lui demandant de reprendre son sang froid.

Là, c’est en vrai. Une fusée transcontinentale pouvant atteindre les Etats Unis tirée au dessus du Japon a mis Oncle Sam hors de lui, tant et tant que  son Ambassadrice est allée dare-dare se plaindre au Président de la Chine lui-même des inconvenances de son protégé du Pays des Matins Calmes.

Elle ne pouvait trouver meilleur interlocuteur. En effet, et il faut le rappeler, c’est en Chine, entre le 2ème siècle av. J-C et le 7ème siècle de notre ère selon les historiens que la poudre noire fut inventée. Au début, ils s’en servaient pour les feux d’artifice, fusées, tourniquets et divers bouquets dont ils sont toujours aussi friands. Une chose entraînant l’autre, ils l’utilisèrent ensuite pour balancer des projectiles autrement mieux qu’avec les arcs, les balistes et autres lances-pierres, les canons, les fusils et les pistolets tuant mieux à distance.

Dès que l’Ambassadrice lui a fait ses doléances, le Président Xi Jinping prétextant de constants accidents lors des grandes fêtes traditionnelles a décrété une interdiction totale de la poudre noire sur tout le territoire chinois.

Ces gens-là ne manquent pas d’humour

 

Kim par-ci, Kim par-là…

A l’époque, avant la séance cinématographique et à l’entracte, les ouvreuses proposaient des esquimaux glacés au public, accompagnées à l’écran par des annonces publicitaires chantées dont le refrain  » Kim par-ci, Kim par-là, Kim arrive, Kim est là  » promettait la réjouissance.

Le Kim dont je parle. le premier Président de la Corée du Nord, Kim Jong Un, semble lui aussi prendre beaucoup de plaisir dans l’exercice de ses fonctions et se montre souvent hilare, surtout quand il examine une charge atomique ou pendant le défilé des fusées porteuses précédant des milliers de soldats au pas de l’oie. Sa joie est visible et quand il lance un de ses pétards par dessus le Japon, elle va jusqu’aux contorsions d’un fou rire qui le déborde. Déjà, nous avions vu à la mort de son père, la foule et les dignitaires avec,  tordus par le désespoir et les larmes de cette perte irréparable. Décidément, sous ces climats, les émotions sont décuplées.

Toute la force atomique en alerte sous la mer, sur terre, en l’air et sur mer, avec ses sous-marins, ses radars, ses bombardiers et ses porte-avions ne parviennent pas à l’impressionner, bien au contraire, ça l’excite.

Cela me rappelle avec tendresse ma mère et son martinet, engin d’autrefois capable d’inspirer la crainte aux enfants les plus turbulents. Quand nous avions fini de couper une à une ses lanières de cuir, il ne lui restait plus qu’un moignon, un bâton dont elle n’aurait jamais pu se servir sans en ressentir elle-même la blessure.

 

 

 

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J

 

La fontaine des Puits-Clos…

Place des Puits-Clos, à Toulouse, quand on a commencé à reconsidérer le centre-ville pour en faire un espace semi-piétons, une fontaine datant du dix-neuvième siècle a été remarquablement réhabilitée. C’était en 1984 et son Architecte s’appelait Monsieur Bernard Calley.

Une simple fontaine haussée au rang de monument historique! Non, non, la Place commémorait de longue date déjà des puits qui avaient été comblés au quatorzième siècle et le souvenir de leur fréquentation enterré avec. On peut imaginer le va et vient, les seaux, les barriques et leurs brouettes, les bidons de toutes sortes, et l’ambiance populaire de l’endroit. Aujourd’hui, c’est cuit, il n’y a plus de puits nulle part.

Ce truc, c’est peut-être grandiose, solennel, mais je m’en fous, moi, j’aime les fontaines…

Rions un peu… Ah! ces stars…

Il paraît que les stars lavent elles-même leurs pulls  avec du dentifrice. Faut pas s’étonner, elles feraient n’importe quoi pour se faire remarquer. Et quelle importance ça peut bien avoir? Quand même étonné, j’ai fait ma petite enquête, mais les gens se fichent bien des caprices de leurs vedettes et ça n’a pas été de la tarte de retrouver la raison de cette manie, car elles le font toutes, Marilyn Monroe comme les autres. J’en ai interrogé quelques unes, celles qui voulaient bien me répondre, mais ça n’a pas donné grand chose. Elles étaient très vagues. Une me disait que sa grand mère le faisait déjà, l’autre que ça lui plaisait, qu’il fallait bien mettre la main à la patte, sinon qui le ferait, puisqu’il fallait les laver à la main. Quant au dentifrice, ce fut un grand mystère. Elles m’envoyaient du:  » Et vous, vous savez pourquoi?  » comme si je crevais un tabou. Il y en a même une qui m’a demandé si ma grand mère faisait du vélo, vous vous rendez compte! Finalement, entre une chose et une autre, et en en cuisinant une particulièrement coriace, j’ai découvert le pot aux roses. Elle a fini par me dire d’un trait:  » Parce que ça purifie l’haleine et ça resserre l’émail, voilà c’est tout ce que je sais…  »

En méditant sur ce que ça pourrait bien vouloir dire, j’ai trouvé! C’était un jeu de mots. Cela voulait dire: Parce que ça purifie la laine et ça resserre les mailles. Vous avez compris pourquoi, le dentifrice et le tricot?

A la recherche du temps perdu…

Lors de ma balade matinale à travers le Jardin des Plantes je croise souvent le moulage impressionnant du crâne d’un tricératops. Là, je m’y suis arrêté, va savoir pourquoi, et je relis sur la plaque les caractéristiques: trois ou quatre mètres au garrot, neuf de long pour ses dix tonnes, mais surtout, qu’il vivait au crétacé, une ère bien éloignée de nous, il y a soixante-huit ou soixante-dix millions d’années. J’essaye bien de me figurer ces abysses mais n’y parvenant pas, je me mets à méditer dessus. Las! impossible d’imaginer ces quantités.  Déjà, pour déchiffrer nos petits trois ou quatre mille ans ça n’a pas été de la tarte, les hiéroglyphes, le cunéiforme, et avant  les restes de nos parents directs, silex et tessons, pour établir notre préhistoire, mais quand on a des traces comme celles-ci, on déménage. Il n’y a que Spielberg pour nous faire poursuivre par un diplodocus de trente mètres de long, de quatre de haut, où les trente tonnes de chacun de ses pas  font trembler toute la salle grâce à la dolby-stéréo. A part les exploits géniaux de l’imagination et ces fossiles aussi miraculeux qu’impressionnants, macache, on n’en sait pas grand chose.

Toutefois, à voir notre bon ami, le triacérops, qui tire son nom du grec et des ses trois cornes, tout en gueule, armé jusqu’aux dents et protégé de ce bouclier derrière la tête,  il ne faisait pas bon le rencontrer. Entre lui, ses congénères et la jungle, il devait y avoir une drôle d’ambiance à l’époque, et pour la terreur, Kim Jong Un aurait pu se rhabiller.

Le Paradis, c’était quand, alors?

 

 

Mille feuilles et patins à roulettes.

Décidant d’aller jusqu’au bout – au bout de moi-même, veux-je dire – je me retrouve à la ceinture de Paris, à la Porte d’Auteuil en l’occurrence, où le Nain Jaune, un établissement de premier plan, oui, il n’y en a pas d’autres comme ça, sévit, en faisant circuler un public varié, divers, de tout poil, de tous âges, sur les roulettes en bois de leurs patins, sur une piste de plancher en bois, un anneau spécifique, la fleur du snobisme  à Paris.

Déjà, je n’ai pas pu résister aux grandes roues noyautées de roulements à billes et alignées pour former un patin, un patin producteur d’élans, de glissades, donnant à mes pieds des ailles pour virevolter, me libérant enfin de cette mélasse où je me traîne depuis toujours, quitte à me casser la gueule, mais il faut aussi que j’en connaisse l’ancêtre, avec ses quatre larges roulettes lui assurant la stabilité, la souplesse, l’assurance de son matériau vénérable: le bois.

Je me dirige donc vers le nouveau paradis et longe la devanture d’une pâtisserie où j’aperçois les multiples de gâteaux classiques, éclairs, babas, religieuses et, trônant en plein milieu, les mille feuilles dont ils semblent spécialisés. Effectivement, en place du fondant blanc agrémenté de sortes de légers festons marrons ou bordés de petits granulés vert tendre, le sucre glace les recouvre ici de neige, une neige éclatante.

Finalement, le panneau sur la porte sous l’enseigne du Nain Jaune indique qu’il n’ouvrira qu’à quatorze heures. Je vais en profiter pour revoir l’endroit du Bois de Boulogne où je promenais les deux cockers d’une tante par alliance avec une jeune alsacienne dont le rire et l’accent m’avaient affolé.  Dans cet attelage, on slalomait entre les grands arbres et cela ressemblait à Noël.

En repassant devant la vitrine je remarque la crème pâtissière onctueuse, légère, que séparent les minces couches de pâte feuilletée dorées à souhait. C’est certain: ce doit être un délice. Trêve de stupre: commémorons! Et me voilà reparti quelques dizaines d’années  en arrière devant l’orée du bois d’où partaient nos ébats. Las! Ce n’est plus qu’un décor. Des arbres, certes grands, majestueux, mais qui ne renvoient plus l’écho de nos rires, des halètements des chiens. Quelle déconvenue!

Je ne me risquerai pas à contacter ce Nain Jaune sans aucune précaution à l’égard de ma jeune passion et c’est déterminé que je demande à la pâtissière en tablier blanc: Un mille feuilles, je voudrais un mille feuilles, s’il vous plaît. Après l’avoir dégusté sur place en raison du vent léger dehors qui pourrait éparpiller la poussière blanche de mon gâteau, je sors, et, porté par la crème pâtissière, croustillant encore du feuilleté doré et irradiant le sucre glace, je vais à sa rencontre.