Un pétard mouillé… ( Part 1 )

Le 9 Mai, pour le discours de Poutine au Défilé commémoratif de la Victoire de la Russie sur les Nazis, nous en fûmes pour nos frais. A la place d’un avant et un après, nous n’eûmes, qu’un 9 Mai ordinaire, flamboyant certes, mais comme d’hab, ni plus ni moins. Notre Vladimir nouveau s’était évaporé laissant son effigie énigmatique dérouler ses fadaises d’un autre temps pour un parterre de nuques raidies et de pas d’oies impeccables. Il n’y eût pas de cuvée ni de crû, juste la Messe habituelle. Pourtant, ça avait bien commencé:

 », Mais que faites-vous là ?  »

 » Ce sont les manœuvres de Printemps, en vue de la Fête de la Victoire …  »

 » Ce sont des manœuvres gigantesques …  »

Et, quand les chars se sont présentés au Poste Frontière:

 » C’est pour quoi?  »  » C’est du voisinage. On vient vous dératiser. Pardon, vous dénazifier … »

 » Ah! bon…  »

Ils étaient suivis de toute l’Armée avec son barda, ses canons, ses camions, ses missiles, ses porte-missiles, et avec tous ses soldats. Quand la procession fît soixante kilomètres, on s’inquiéta enfin, surtout qu’on avait rendu tout le fourbi nucléaire à la Russie en échange d’un traité de bon voisinage. Mais là, c’était plutôt de la cohabitation, ils étaient comme chez eux.

Vladimir nous éclaira sur la situation. Il l’appelait une Opération Militaire Spéciale et prévenait:  » Si quiconque se mettait en travers pourrait assister à quelque chose qu’il n’avait jamais vue ni même imaginée  », sans plus de détails. Pourtant, tout le monde comprit tout de suite de quoi il s’agissait et se mit à greloter alors qu’il ne faisait pas très froid.

Une armoire cambodgienne…

Je n’en n’ai jamais rencontrée et si ce n’était ce rêve, elle serait restée dans le néant, inexistante.

Là, il en était question, elle était au fond du jardin, très volumineuse, verte, d’un vert émeraude, plutôt asiatique, avec sur les côtés, des colonnes torsadées. Comme je n’en avais jamais vue, elle pouvait prendre n’importe quel aspect, sauf que nous n’avions pas prévu son encombrement. D’ailleurs, comment était-elle rentrée? A moins de l’avoir démontée et remontée ensuite. Non, on ne voyait pas. Toutefois, il était maintenant question de l’en sortir, on envisageait son déplacement en raison de son incongruité et, au lieu de s’en émerveiller, la faire disparaître au plus tôt.

Toutefois, une fois qu’on excluait une grue pour la déposer sur le plateau d’un camion, ne serait-ce qu’un pick-up, il ne restait qu’à y foutre le feu, personne n’y verrait d’inconvénient. Oui mais dans un rêve, le scénario est autonome, c’est ça qui fait son charme ou, dans un cauchemar, sa terreur.

Il semblait qu’après avoir fait le tour du problème nous étions revenus au point de départ, ni plus, ni moins. Et c’est ainsi que nous sommes exclamés dans un bel ensemble, comme au théâtre:  » C’est impo…po…po, et nous le répétions: C’est impo…po…po… Ah! nous aurions bien voulu le dire en entier ce mot qui concluait, mais nous ne faisions maintenant qu’en bégayer les premières syllabes.

C’était contrariant, nous ne pouvions en rester là, à tel point que nous nous sommes réveillés pour nous entendre continuer notre Impo…po…po… de malheur, mais nous n’étions pas seuls, une voix nous doublait à sa façon, au même rythme. La tourterelle juchée sur le fil électrique était entrée dans notre rêve pour roucouler elle aussi:Impo…po…po… Impo…po…po…Impo…po…po… et nous de l’imiter maintenant en criant: Impo…si… ble…! Impo… si…ble…! Impo…si…ble…! Ah! ces rêves…

Drôles d’histoires… 4

Le fin du fin.

La Gestapo rafle deux vieux juifs, Shlomo et Mardochée, et les colle contre le mur pour les fusiller. Shlomo interpelle vivement le Commandant: Nous avons le droit d’avoir les yeux bandés, Convention de Genève, 1923! Tournez-vous contre le mur, on va vous fusiller! Et Shlomo d’ajouter: Les yeux bandés, debout et de face, Convention de Genève, 1923! Alors Mardochée: Shlomo, arrête! Tu ne crois pas qu’on a assez d’ennuis comme ça ?

Madame Benzakin demande à Monsieur Lévy combien de sucres il prend avec son thé. Il lui répond: Non merci, pas de sucre. Alors Madame Lévy s’étonne et lui dit: Comment, pas de sucre? Çà fait quarante ans que je mets deux sucres dans ton thé! C’est vrai, lui répond-t-il, mais ça fait quarante ans que je ne remue pas!

On fait visiter le Paradis à un nouveau venu et il remarque à travers l’embrasure d’une méchante bicoque un homme très vieux avec une grande barbe, accoudé à une petite table, ét qui lit à la lumière d’une chandelle. Il demande: Qui est ce Monsieur? Ah! c’est un homme très pieux qui a lu le Talmud durant toute sa vie. L’arrivant insiste: Et là, que fait-il? Il lit toujours le Talmud, mais maintenant il comprend ce qu’il lit…

C’est un vieillard tout chenu, avec les cheveux qui tombent sur ses frêles épaules et une grande barbe, habillé d’une longue robe blanche, qui frappe à la porte du Paradis. Saint Pierre ouvre et voyant le vieil homme s’étonne: Et d’où venez-vous, comme ça? d’une voix faible et chevrotante, le vieux lui répond: De Bethléem. Ah! bon. Dit Saint Pierre, et qu’y faisiez-vous? J’étais… Charpentier… Menuisier…. Ah, bon!! Et comment vous appelez-vous? Je m’appelle Joseph. Saint Pierre se retourne d’un coup et crie dans le Paradis: Jésus! Jésus! Jésus arrive et Saint Pierre lui montre le personnage en lui disant, enthousiaste: Regarde cet homme: Il arrive de Béthléem, il était charpentier-menuisier et il s’appelle Joseph!! Jésus se précipite vers l’arrivant en ouvrant les bras et en criant: Papa! L’autre va à sa rencontre en ouvrant les bras lui aussi et en criant plus fort encore: Pinocchio!!

Drôles d’histoires… 3

C’est vrai, quoi, ce sont des petites nouvelles, d’un genre particulier certes, mais bien racontées, bien écrites, elles sont très efficaces.

Un Congolais rend visite à un compatriote à Paris et celui-ci lui fait visiter la Ville Lumière. A un moment, sur le Pont-Neuf exactement, le compagnon s’étonne en découvrant les grands bateaux-mouches qui circulent sur la Seine avec plein de monde dessus et il demande: Qu’est ce que c’est donc que ces bateaux? Ah! ça.. Ce sont les bateaux mouches et les gens ce sont des touristes. Ils visitent Paris en bateau. Ah! là, dis-donc! fait l’autre, mais c’est formidable! Écoute, je vais rentrer ou Congo, acheter une grande pirogue, et faire visiter le Congo moi aussi. C’est ça, mon ami. Et moi, je viendrai pour te montrer comment on fait le Guide.. Ils le font, car les Congolais sont très entreprenants.Une fois sur la pirogue, le Congolais parisien dit au Congolais autochtone: tu vas ramer pendant que je te montre comment on fait le Guide. Et il commence: A droite, vous avez un petit champ de maïs, très joli. A gauche, un troupeau de chèvres. Et maintenant, à droite, une petite maison. Allez, à toi, fais le Guide, moi je rame. Et l’autre reprend: à droite, vous voyez un petit jardin potager. A gauche, vous pouvez voir une vache. Et tout à coup, sur la berge à droite, il y a un Congolais en train de besogner une Congolaise. Difficile à décrire aux futur Touristes, il improvise: Et là, un Congolais qui fait de la bicyclette… Putain! mais c’est mon vélo !!!

Drôles d’histoires 2

Le couple vient d’acheter une armoire en kit à Carrefour et s’empresse de la monter dans la chambre. Une fois assemblée, ils admirent un moment, puis le mari dit: C’est pas tout ça, mais il faut qu’on mange sinon je vais être en retard à mon travail. Ils passent donc dans la cuisine et il met la table pendant qu’elle fait chauffer le frichti, puis ils s’assoient pour manger. Alors qu’ils se restaurent, ils entendent un grand bruit dans la chambre et se précipitent pour constater que la belle armoire gît en vrac sur le plancher. Après qu’ils se soient désolés, le mari dit: C’est pas tout ça mais il faut continuer à manger sinon je vais être en retard à mon travail. Pendant qu’ils déjeunent, la femme dit: Il me semble qu’au moment du bruit, juste à ce moment, l’autobus passait. Ah! bon… Écoute, je n’ai pas le temps maintenant. Tu n’as téléphoner à Albert pour tout lui expliquer, et il s’en va, il va à son travail. La femme téléphone et quand Albert arrive, elle lui décrit la situation, le bruit, l’autobus. Albert lui dit: On va remonter l’armoire. Tu as une lampe? Je me mettrai dans l’armoire, quand l’autobus passera, je verrai bien ce qui se produit. Ils remontent l’armoire et Albert rentre dedans avec la lampe. Sur ce, le mari revient et crie à sa femme dans la cuisine; J’ai oublié ma serviette dans la chambre! Puis, voyant l’armoire montée, il ouvre les portes et voit Albert la lampe à la main tenant la tringle de l’autre main. Il lui demande: Qu’est-ce que tu fais là? et Albert lui répond: J’attends l’autobus!

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Drôles d’histoires…

Qui n’aime pas les histoires drôles? On s’y reconnait même si elles nous surprennent, nous déplacent, et leur intrusion salutaire nous réunit dans ce rire qu’elles nous arrachent. Avec elles, point de tabous. Tous les sujets y sont traités, et, comme dirait Desproges, on, peut faire de l’humour avec n’importe quoi maisd pas avec n’importe qui. Vous n’êtes pas n’importe qui, vous?

Les Belges s’y sont essayés, mais elles leur sont revenues dessus. Les Juifs y excellent, ou alors les conteurs, comme Coluche.

Vous aimez les histoires? … Mariez-vous!

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Monsieur Lévy descend l’escalier de l’hôtel et la femme de chambre lui demande: Monsieur Lévy, vous avez pris un bain? Il lui répond: Pourquoi, il en manque un?

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Monsieur Lévy descend les Champs Élysées et quelqu’un lui tape sur l’épaule. Sans se retourner, il dit: A moi aussi, on me doit!

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Monsieur Cohen voit l’amant de sa femme sur le trottoir de l’autre côté de la rue. Il traverse, se précipite et, l’attrapant par l’épaule, lui dit soudain: Où as-acheté cette flanelle?

Darmanin, Gribouille?

Pas mal de temps pour déchiffrer cette conjoncture tout à fait originale d’un Ministre qui se mêle à la manifestation de ses administrés rassemblés devant la Chambre des Députés pour dire tout leur mécontentement. Du temps des Grands Hommes, quand la foule s’était dressée contre De Gaulle, celui-ci s’était éclipsé, avait disparu, laissant les spectateurs babas, chacun se demandant:  » Mais où est-il?  » D’ailleurs, pour parler d’un personnage qu’on ne voit jamais sur scène alors qu’il titre la pièce, on dit l’Arlésienne. De Gaulle nous avait joué l’Arlésienne Là, c’est une surreprésentation: un Ministre prenant la tête d’un mouvement mettant en cause le Gouvernement dont il fait partie, on n’a jamais vu ça. Si, si: Gribouille, un personnage populaire qui se jette à l’eau de peur d’être mouillé par l’orage qui gronde au loin.

Finalement, nous y sommes arrivés: tout se vaut, tout et son contraire. Ces masques mêmes pas bons à jeter sont devenus obligatoires, les vaccins dont on s’est tant méfiés sont maintenant le seul véritable recours contre cette nouvelle peste, la panacée dont on attend notre salut, en criblant les milliers de convertis dans ces vaccinodromes, ces stades, ces hôpitaux de campagne, partout où des queues peuvent serpenter

Plus d’un an après le déclenchement de la pandémie, l’ Organisation Mondiale de la Santé a pu inspecter les laboratoires d’où se serait échappé le virus originel, celui qui a infesté la planète entière en trois mois, et bien que nous constations ses métamorphoses, de nouvelles versions à des milliards d’exemplaires chacune, on continue à chercher des indices de son évasion à cheval sur une chauve-souris, juste avant le début du commencement.

Bien que je me sois mobilisé pour suggérer à qui de droit que cette contagion formidable pouvait se réaliser par aérosols, comme ferait un diffuseur de parfum, il n’a fallu pas moins d’un an pour admettre que la plupart des contaminations se faisaient par ce procédé.

Les promesses rendant les fous joyeux, réjouissons-nous donc, conjurons cette terreur, cette mort à minima dont on nous a rebattus les oreilles – et la queue, dirait-on à Madrid, à la fin d’une belle corrida.

La trouille…

Monsieur le Président Sarkozy a plus d’un trou dans son sac, je voulais dire dans sa raquette, mais c’est tellement usité que c’en est usé, et il conteste dans ses conférences le prochain choc que nous devrions subir, non pas climatique comme tant de sommités nous le promettent, mais démographique, beaucoup plus probable, et il avance de dizaines en dizaines d’années des milliards d’individus supplémentaires, comblant les statistiques.

Ouf! je craignais d’y passer bronzé, sec et décharné, comme ces momies dont je vous ai déjà parlé, mais mourir longtemps ça me tente aussi.

Ce qui m’étonne quand même, c’est qu’il ne dit mot sur le choc sanitaire qui secoue la planète aujourd’hui et depuis plus d’un an maintenant, avec son contingent journalier des personnes disparues s’ajoutant à un total déjà impressionnant.

Que nous ayons triplé nos populations dans les dernières soixante-dixièmes années, en passant de deux milliards et demi à sept milliards et demi d’individus reste remarquable malgré tout et on peut être obnubilé par cet exploit, de la même manière que cette augmentation de la température et de la pollution parvienne à un changement notable du climat reste effrayant.

Toutefois, si on continue à être masqués comme beaucoup de femmes au Maghreb, avec ce qui nous sert de filtre et de pompe en même temps, pourquoi-pas?

Monsieur le Président, habitué à plaider l’honnêteté devant les Tribunaux, ment avec autant de sincérité, et ça se voit. Lui en voudrait-t-on? La trouille que lui inspire la tôle – car ils sont bien capables de l’y envoyer, tout Président qu’il est- fait penser à Louis XVI.

Tour, trou, trouille, on se croirait au Scrabble.

Non, mais dis! (5)

Ce n’est pas qu’ils l’auront fait exprès, mais, s’ils l’avaient voulu, ils n’auraient pas fait mieux.

Pourquoi parle-t-on de dictature sanitaire? Quelqu’en soit l’objet visible, soigner les gens, les assister financièrement ou socialement, c’est le pouvoir totalitaire qui est visé.

Bon, il n’y a rien eu là de secret, tout a été accompli à ciel ouvert. Les Partis balayés par un cyclone les ringardisant sur place, un tsunami d’une nouvelle foi emportant tous les braves gens croyant encore au Père Noël ou à la poupée qui tousse, seule l’ombre des Gilets Jaunes planait encore au-dessus du fourbi.

L’idée incroyable qu’une marée d’innocents pourrait se substituer à des professionnels de la magie – bien vu, l’aveugle… Oui, Monsieur Brun, je triche… mais comme vous ne le voyez pas, c’est légal – en a enthousiasmé plus d’un: les déçus d’après, les Gilets Jaunes surgis du même processus volcanique avec les retombées hebdomadaires et sabbatiques qu’on sait.

Sauvé des Gilets Jaunes par le gong ( très chinois, non?) de la Covid-19, un nouvel Empereur qui a l’art de faire parler tout le monde – faut pas trop les pousser -, entretient un brouhaha d’opinions diverses poursuivant une vérité à l’horizon toujours lointain, avec des Experts arbitrant vainement cette cacophonie, et qui ne délivre ses diktats qu’au dernier moment, laissant ainsi croire à la seule et décisive résolution, celle-là même, la sienne.

 » Les Présidents de la République  » pleuvent, couvrant d’authenticité les dispositions nouvelles, voire reprendre celles qui n’ont pas encore épuisé tout leur charme et, puisque ça vient d’en haut, y croire encore, reprendre notre courage à deux mains, remettre notre patience sur le tas, un pouvoir comme ça ne se lâche pas.

D’ailleurs, on voit des momies de Rois traverser Le Caire pour être exposées plus largement, elles sont peut-être toutes desséchées mais toujours là.

A-t-on sauté des barrières?

Celles qu’on n’a pas pu mettre en travers des virus, pire, ces passoires disposées sur leurs chemins les laissant aller et venir alors qu’on croyait les arrêter, les calmer. Pourtant, ce n’est pas faute de les avoir renseignés, prévenus, instruits quand il le fallait, mais les Spécialistes se spécialisent et bétonnent leur savoir. Après, impossible d’en changer un iota. Après le Cirse des champs qui illustrait bien la vélocité du machin, il y eut – appuyé par des sommités épidémiologiquse ayant fait sauter un verrou – la belle histoire de l’aérolisation, c’est à dire la faculté de changer physiquement leur morphologie en se liquéfiant les uns et les autres pour constituer un filet organique capable alors de s’introduire dans les orifices menant aux poumons via les bronches. Pour cela, faut encore imaginer qu’ils flottent dans l’air, dans l’atmosphère et se déposent partout, constituant des tapis d’infection, d’où le lavage fréquent des mains, sérieuses vectrices de la contamination. A ce deuxième aspect s’ajoute l’infime petitesse de l’objet de notre ressentiment lui permettant de traverser les murs ( on peut le dire ) protégeant notre appareil respiratoire, ces masques obligatoires qui ne font que filtrer le seul air à notre disposition, en n’arrêtant qu’une partie des corpuscules y flottant, les autres fines particules et les virus circulant plus aisément. On pourrait croire à un tri meurtrier effectué par ces petites pompes à oxygène s’il n’y avait pas la charge virale nécessaire à une infection mortelle, ce dont nous parlerons la prochaine fois.

Afin d’égayer notre propos, plus que barbant depuis qu’il occupe le terrain, le paysage audio-visuel, voici, tirée de derrière les fagots, un petit conte à ma façon.

De sa poussette en plein air le bambin montre à sa mère un oiseau dans le ciel en même temps qu’il s’écrie au comble de la joie:  » Tapon! Tapon!  ». Interpelé, un vieil homme à côté lui dit en agitant son doigt:  » Héron, héron, petit, pas tapon…  » . Décidément, si l’on veut que la bergère continue à rentrer ses blancs moutons, il faut bien lui rappeler ce refrain.

Par les temps qui courent…

Cernés comme nous le sommes aujourd’hui, bientôt incarcérés, il nous faudrait réagir. Comment? Les bras nous en sont tombés depuis longtemps. Toutefois, je me propose de blogger une histoire drôle de mon répertoire en y ajoutant une réflexion de mon cru sur cette drôle de guerre que nous menons.

Il paraît que les stars lavent elles-même leurs pulls  avec du dentifrice. Faut pas s’étonner, elles feraient n’importe quoi pour se faire remarquer. Et quelle importance ça peut bien avoir? Quand même étonné, j’ai fait ma petite enquête, mais les gens se fichent bien des caprices de leurs vedettes et ça n’a pas été de la tarte de retrouver la raison de cette manie, car elles le font toutes, Marilyn Monroe comme les autres. J’en ai interrogé quelques unes, celles qui voulaient bien me répondre, mais ça n’a pas donné grand chose. Elles étaient très vagues. Une me disait que sa grand mère le faisait déjà, l’autre que ça lui plaisait, qu’il fallait bien mettre la main à la pâte, sinon qui le ferait, puisqu’il fallait les laver à la main. Quant au dentifrice, ce fut un grand mystère. Elles m’envoyaient du:  » Et vous, vous savez pourquoi?  » comme si je crevais un tabou. Il y en a même une qui m’a demandé si ma grand mère faisait du vélo, vous vous rendez compte! Finalement, entre une chose et une autre, et en en cuisinant une particulièrement coriace, j’ai découvert le pot aux roses. Elle a fini par me dire d’un trait:  » Parce que ça purifie l’haleine et ça resserre l’émail, voilà c’est tout ce que je sais…  »

En méditant sur ce que ça pourrait bien vouloir dire, j’ai trouvé! C’était un jeu de mots. Cela voulait dire: Parce que ça purifie la laine et ça resserre les mailles. Vous avez compris pourquoi, le dentifrice et le tricot?

Ce qui m’a frappé, c’est la vitesse d’envahissement de la planète et comment on s’est acharné sur son origine, un bond de quelques mètres de la chauve-souris ou du pangolin, peu importe, pour infecter un quidam, lançant tous azimuts les premiers virions à l’assaut des continents. L’énormité de l’hypothèse n’a pas empêché de me souvenir du vol des  » soleils  » de mon enfance, les Cirses des champs, émissaires des chardons, plantes envahissantes s’il en est, pour expliquer cette infection abusive

Non, mais dis! (3)

Réplique de la pièce de Jérôme Deschamps  » Jouer dans la Cour des Grands  », le recours à l’interjection quand l’expression est impossible

L’été dernier, entre chien et loup, un moustique, un seul, venait chercher sa pitance et pompait à mon insu ce dont il goûtait le plus de moi, mon sang. Il avait raison, la matière était précieuse depuis toujours et la ponction qu’il opérait discrètement et au prix de sa vie était modeste, seule la vive démangeaison qu’il déclenchait à postériori témoignait de l’importance du larcin.

La régularité, le silence et surtout son incognito rendait le phénomène inacceptable, à tel point qu’aucune stratégie n’en venant à bout, je me mis à observer son manège sur un congénère. Là, c’est facile: en balayant les murs (du regard), il n’est pas rare de rencontrer un mince trait noir, posé là innocemment, ou presque. Un peu de patience et bientôt il décolle. Si vous parvenez à suivre son trajet aléatoire, un ballet, vous ne saurez jamais où il va, il vole tous azimuts, à une vitesse et des cheminements encore inconnus de nous, et dans une légèreté étonnante. Toutefois, malgré les détours, il finira bien par s’arrêter quelque part, mais vous devrez encore deviner où.

Sa prestation au-dessus du futur volcan tient de la prouesse. Il virevolte, tantôt fusée tantôt hélicoptère, alors que sa proie, inerte, semble l’attendre, jusqu’à ce qu’il se pose comme l’engin à quatre pattes sur le lune, aussi délicatement. Là, mais c’est indécent de le décrire, il s’installe, et dressant son abdomen vers le ciel il glisse son dard dans l’épiderme d’où il aspire le précieux liquide jusqu’à s’en remplir comme d’une seringue, pour ensuite s’en extraire et s’en repartir lesté, à la limite du décrochage.

Un soir, quand je parvenais à le tuer, admirant entre mes paumes largement ouvertes sa dépouille aplatie au milieu d’une tache de mon sang, je vis de mes yeux vu son successeur qui sans cérémonie et sans vergogne suçait déjà.

Y a-t -il une hiérarchie dans l’ordre des moustiques? Et dans ces putains de Covids?

Retour vers le présent. Elle me dit:  » Avec cette opération, vous avez subi une rupture dans votre temps et vous êtes à la recherche d’une continuité que vous avez perdue.  »

C’est donc ça! Et l’étrangeté que j’ai vécue n’était pas seulement due à mon amoindrissement physique, ce vieillissement soudain de toute ma personne, comme si je m’étais réveillé dans quelqu’un d’autre, il y avait aussi cet éloignement d’un passé très récent dont je me retrouvais séparé, jeté sans transition dans le futur, dans mon futur.

Muni de cette information essentielle, j’ai échappé à l’assignation à résidence qu’ont nécessité les soins quotidiens du puits donnant sur ma trachée, aux séances hi-hebdomadaires du Kiné pour récupérer un peu d’homogénéité après la dispersion occasionnée par cette opération qui a détourné le circuit de ma respiration, et celles de l’orthophoniste censées me redonner une voix désormais perdue dans l’ablation de mon larynx, y compris de mes cordes vocales. Maintenant, je parlerai sur un son créé de toutes pièces à partir de l’œsophage, du sphincter qui l’obture, dont je n’avais soupçonné l’existence qu’à l’occasion de rôts intempestifs dont on demande pardon, comme tout le monde, pardon, sauf chez les Arabes où ils sont bienvenus. Bon, pourquoi pas?

C’est ainsi que je vais renouer les deux bouts de mon temps en retrouvant mes chers amis de la Côte d’Azur que je n’ai pas revus depuis tout ce temps. Bien sûr, je ne suis plus le même, avec ce brin tremblotant, sépulcral, cette sorte de grincement qui me sert de voix pour l’instant, et sans mes histoires que je raconte si bien, ma pensée que je déploie à l’envi à qui veut l’entendre, mais qu’importe, je suis sûr qu’ils vont me reconnaître, avec tous les souvenirs que nous partageons. Et puis, qui est comptable de mon temps si ce n’est ce cher réseau d’affection, ce bloc de reconnaissance, cette garantie de mon existence.

Montaigne disait déjà à propos de l’amitié qu’il portait à Monsieur de la Boétie:   »Parce que c’était lui, parce que c’était moi…  »

Le présent retrouvé…

J’ai donc repris  » Retour vers le présent  » pour une meilleure compréhension du phénomène dont j’ai été l’objet et son élucidation.

Une phrase, comme un adage, dont se partagent la propriété Terry Pratchett et Groucho Marx – rien que ça… – rapportée par un ami de longue date qui connaît mon penchant pour la littérature et mon âge maintenant vénérable, me l’envoya les yeux dans les yeux, exactement comme s’il en était le messager et moi le destinataire particulier:  » Dans chaque vieux il y a un jeune qui se demande ce qui s’est passé…  »

Depuis le temps que je marinais dans mes harengs, plongé dans la certitude d’avoir sauté un paragraphe de ma vie, un peu comme Marcel dans  » A la recherche du temps perdu  » ( on pourrait presque se tutoyer maintenant , quoique lui en a plutôt fait un tabac et moi seulement un casse-tête ) dans ce décor rustique, au bord de la falaise d’où nous faisons voler nos petits planeurs, cette phrase ouvrit les rideaux d’un Opéra, je dirais, l’Arlésienne.

C’est fou! Non seulement le temps est imperceptible mais il exige d’être répertorié, et sa trame transcrite dans une sorte de Bible qui garde notre histoire bien au chaud. Gare aux inversions, aux trous surtout: il sont inadmissibles! Toutefois, bien que  » Le portrait de Dorian Gray  » nous en donne une version romancée, j’ignorais cette chronologie qui structure la vie de chacun de nous.

Quant à cette instance qui préside à notre destinée, ce jeune qui la met en scène, la scénarise comme on dit aujourd’hui, il m’était complètement inconnu. Bref, on dit que la nature est bien faite, mais je ne la savais pas aussi experte.

Non, mais dis! (2)

( C’est une réplique d’une pièce de Jérôme Deschamps, Jouer dans la Cour des Grands, du péremptoire pur quand l’expression fait défaut.)

Justement, quand on écoute bien un de nos dirigeants, Macron, Darmanin , Attal ou Véran, mais aussi Castex, on a vraiment envie de leur dire:  » Non, mais dis!  », tellement leurs discours appellent peu de commentaires, nous laissant en cale sèche, vides de réflexion, perplexes. Questions, réponses, thèses ou autre sont laminés par le ton exclusif, exhaustif. Nous sommes informés, quasiment chapitrés, responsabilisés,  » Vous ne pourrez pas dire qu’on vous l’a pas dit!  »

Et nous voilà au bord du gouffre, de petites fumerolles nous entourent, nous cernent, et nous ne pourrons pas échapper à cette odeur de soufre qui émane des courbes, des statistiques, des images de couloirs d’hôpitaux encombrés de civières et de villes désertées.

Nous sommes peu à peu investis par la gravité de la situation sanitaire et devenons les sujets de cette pandémie dont nous sommes acteurs.

Une feuille blanche affichée à l’abri bus a attiré mon attention et j’y ai lu ce texte que je vous communique.

Non, mais dis!

On était le 2 février, aujourd’hui le 3, et les sirènes du 1er mercredi du mois ont retenti, à midi, comme convenu. Mais, pas la moindre pétale à l’horizon, ni de près ni de loin, juste des bourgeons, des feuilles en veux-tu en voilà, mais de fleurs, dégun. Pourtant, ce sont elles qui nous le rappellent à chaque fois tôt ou tard, sinon cet hiver interminable nous en ferait perdre la mémoire, on resterait définitivement engourdis.

Puis, en méditant sur le temps qui passe envers et contre tout, comme il ne reste que le Printemps pour changer la donne, on l’attend impatiemment.

Je n’ai pas perdu mon temps: dans une encoignure, encastré dans l’angle que font deux immeubles, un magnifique mimosa/cytise a sorti toutes ses grappes poudreuses au bout de ses ramures vertes, d’un vert faisant ressortir tout ce jaune mieux qu’un peintre l’aurait fait.

Alors, tout n’est pas perdu. Après, il y aura les roses, l’albizia, les altéas et il y aura des floraisons jusqu’à la fin de l’été, quand nous aurons tous été vaccinés. A ce moment-là, l’automne et l’hiver seront bienvenus puisque, on en est sûr maintenant, le printemps reviendra toujours.

La bouteille

Moins concise que l’ardoise, elle n’en a pas moins un contenu et pas des moindres : l’âge ! On prend de la bouteille, inexorablement, mais, sensément, comme tout bon vin, on s’améliore ; je devais alors être dans une mauvaise bouteille pour me retrouver dans un tel état. J’eus beau m’interroger longuement, m’adresser à plusieurs personnes spécialisées dans les choses de l’esprit, l’énigme restait entière : j’avais pris de la bouteille, d’un coup, et ne réussissais pas à deviner comment ça s’était passé. Il y avait eu une rupture dans mon calendrier et, depuis, il me fut impossible de joindre ces deux bouts de ma vie.

Tout comme actuellement nous ne parvenons pas à retrouver le monde d’avant, j’en fis l’expérience moi-même, tel Dorian Gray ce héros d’Oscar Wilde qui ne supportant plus de voir son portrait vieillir au grenier tout au long de sa vie, transperça la toile et prit d’un coup sa véritable apparence.

Quant à moi, je suis né un 28 janvier, un jeudi, tout comme aujourd’hui, mais boulevard Charlemagne, et pour la pour la Sainte Charlemagne, une coincidence de plus. Il n’y avait pas encore ces petites cartes recouvertes de plastique déclinant notre identité, sinon la mienne était déjà là, entre les feuilles du chou, toute imprimée. Enfin, faut y croire à la cigogne, aux bébés qui naissent comme ça, pourtant, c’est du même tabac.

Pour les bouteilles, elles aussi, au bout d’un certain temps, prennent un nom : celui du lieu où le raisin de leur vin à été vendangé. C’est ainsi que j’aurais pu me nommer Charlemagne, ‘’ Vous étiez parents ? ‘’ ‘’ Peut-être, mais alors très éloignés… ‘’ , c’est pas que je sois un mauvais cru, mais c‘est lourd à porter, Gérard Veuve Cliquot, Gérard Sauternes ou Chablis.

Facultatif : Extrait de ‘’ UN SOLDAT INCONNU ‘’

– Tu as déjà bu du vin ?

Est-ce un nouveau défi ? Ces temps-ci, ça n’arrête pas : tu as déjà fait ça ? Jusqu’où ? Depuis quand ? Et il faut répondre tout de suite, sinon la question n’attend pas, elle disparaît et laisse toute la place au vide, à l’indifférence et la solitude pointe son nez et annonce qu’on n’est déjà plus comme les autres, qu’on est largué, en train de redevenir petit. Je réponds, à tout hasard :

– Oui, j’en ai déjà goûté…

Jean-Pierre me presse du regard et de la voix :

– Non, non, non… Bu ! Bu, beaucoup de vin ?

Il a au moins quatorze ans, et à un moment ou à un autre, c’est toujours la catastrophe avec ces garçons qui ont quatre ou cinq ans de plus que moi. Alors, je minimise :

– Non. J’en n’ai jamais bu beaucoup, mais je ne peux pas dire que j’aime ça…

Son regard est soudain devenu cruel, implacable, et il déclare :

– Oui, peut-être, mais il faut boire du vin pour devenir un homme !

Boire du vin. La question a ouvert un précipice. Pourtant, il me semble bien que ce soit complètement interdit…

J’accompagne Jean-Pierre et côtoie vaillamment ses enjambées, je ne m’occupe que de suivre ce rythme, cet élan qui m’emporte. La rue Saint-Denis grimpe à l’ombre et Monsieur Kalfon a déjà placé ses deux tonneaux vides de chaque côté de l’entrée de son épicerie. L’été, il laisse les volets de bois sur les portes vitrées pour protéger le magasin de la chaleur et de la lumière.

Le sol s’est creusé à l’endroit du passage et jusqu’au petit comptoir au fond. Les odeurs de grain, d’épices, d’huile et de vin se mêlent dans l’ombre et entourent les sacs ouverts à terre, les deux grosses barriques posées sur leur chevalet, et toutes les bouteilles et les boîtes sur les étagères et dans les recoins. Cette grotte a toujours existé, et, à l’intérieur, il y a Monsieur Kalfon qui attend, dans sa blouse grise, avec sa moustache raide et ses lunettes rondes finement cerclées. Il fait :

– Mmm… ?

Jean-Pierre dit d’une voix claire :

– Ma mère veut un litre de vin rouge mais elle a dit qu’elle n’a pas de bouteille. Elle vous la rendra après.

Monsieur Kalfon respire, met la tête un peu de côté, et regarde Jean-Pierre par en dessous. Il demande :

– Un litre de vin ? A quatre heures de l’après-midi ?

Jean-Pierre répond tout de suite :

– Je ne sais pas : je crois que c’est pour cuisiner.

Monsieur Kalfon se tourne et prend derrière lui une bouteille vide par terre. Il va à petits pas à la barrique, s’accroupit, et en ouvrant le robinet de bois, il dit :

– Ta mère cuisine au vin rouge, maintenant ? Elle fait un civet ? Un civet de quoi, de poulet ? Ca, c’est la meilleure ! De la cuisine au vin rouge… Tiens, et si elle ne l’a pas encore tué, fais attention que le coq ne s’enivre pas trop. Ca fait neuf francs.

Jean-Pierre donne des pièces à Monsieur Kalfon et lui dit:

– Merci, Monsieur Kalfon. Ma mère ramènera la bouteille.

Il prend l’objet par le col et le laisse descendre lentement au bout de son bras. Dans la pénombre le liquide luit doucement à travers le verre, mais maintenant que nous sommes dehors, il prend sa véritable couleur et brille en violet foncé. En remontant la rue, la bouteille se balance un peu entre Jean-Pierre et moi et je ne peux pas m’empêcher de la suivre du regard pendant que je marche. Bientôt, sans même avoir couru, je suis tout essoufflé. Cette bouteille me fascine ; elle a soudain pris une importance incroyable et il me semble que nous sommes trois maintenant : Jean-Pierre, elle, et moi. La lumière dans la grande avenue nous surprend et la chaleur s’abat tout de suite sur nous et nous entoure, nous accompagne pour traverser, puis pour longer le haut mur du square de l’Evêché. Nous n’allons jamais dans ce jardin, il nous est interdit. Le gardien est sévère. Il nous course et nous évacue sans qu’on sache vraiment pourquoi. Il y en a qui disent que c’est un jardin catholique. Nous, nous sommes juifs ; mais Albert et Julot, ils sont bien catholiques, eux, même s’ils ne vont pas à la messe. Les enfants qui s’amusent ici ne sont pas comme nous : ils jouent à colin-maillard, à cache-cache, au cerceau, ou font la ronde. On croirait un paradis pour enfants sages avec des mamans et des bonnes jeunes, belles, très comme il faut. Nous, on joue à se castagner, à lancer des cailloux au but, a faire des courses jusqu’à nous crever la poitrine. Et où il l’a vu, lui, qu’on est comme on est? C’est bien dommage, ce square est très joli. Nous marchons maintenant le long du Jardin Public bordé de terre-pleins plantés de lauriers roses et de palmiers bas. Le kiosque à glaces à l’angle est encore fermé et l’esplanade claire est déserte. Vraiment, je me demande où il m’emmène. Au milieu de la place, toujours là-haut sur sa stèle, Jeanne d’Arc avance debout sur ses étriers en tenant son étendard d’une main et son heaume dans l’autre. Elle est toute dorée, son cheval aussi, mais ils semblent vrais, vivants. Jean-Pierre grimpe sur les larges marches de l’escalier de la cathédrale. Je le regarde et j’attends, mais arrivé au milieu, il s’arrête, se baisse, pose la bouteille devant lui, et se retourne. Quand il s’aperçoit que je suis encore en bas, il se croise les bras, hoche la tête, et m’envoie :

– Alors, tu te radines, le mioche !

Qui a besoin de savoir que je suis ici, sur les marches de la Cathédrale, avec ce futur gibier de potence, comme l’appelle sa mère, qui ? Je regarde bien partout, mais il n’y a personne, il fait trop chaud. Je monte, je grimpe moi aussi les grandes marches et je me sens écrasé par l’énorme basilique de briques rouges que je vois là-haut.

Nous nous installons au bas d’un pilier devant le grand porche de l’entrée principale et Jean-Pierre s’accroupit, débouche la bouteille, et sans attendre, il porte le goulot à sa bouche. Il boit en levant la bouteille bien haut et je vois sa gorge et son cou gonfler, son gosier qui tressaute au passage du liquide. Boire du vin comme ça, à longs traits, n’importe qui en serait effrayé ; même mon père ne boit pas ainsi… D’ailleurs, quand il boit à la bouteille, c’est de l’eau qu’il boit. Jean-Pierre abaisse maintenant le litre et je vois de suite qu’il en a bu au moins le quart. Il souffle, la bouche largement ouverte et les lèvres avancées, et ses yeux vont bientôt lui sortir de la tête. Il se retourne sur moi, et en me tendant la bouteille, il dit :

– Tiens, c’est à toi !

Il l’a suspendue entre nous et ses deux yeux agrandis derrière disent encore plus fort ce que je dois faire. Je la regarde, je regarde les yeux qui me regardent et je sens que je ne pourrai pas leur échapper : il faut que je prenne cette bouteille et que je boive.

Un liquide brûlant envahit ma gorge et, en raclant tout au passage, il se précipite, tombe dans mon estomac, rebondit en bouillonnant et en éclaboussant les parois ; tous les endroits que le vin touche s’éclairent et je sens qu’une grosse ampoule va bientôt m’illuminer à l’intérieur. Jean-Pierre me regarde; il semble boire avec moi et partager ce que je ressens. Je décolle la bouteille de mes lèvres et dans ma précipitation pour la poser par terre, je la cogne un peu. Jean-Pierre fait une grimace d’horreur : il a cru que la bouteille allait exploser et il a tout de suite imaginé le vin qui se répandait partout. Il la reprend vite et porte le goulot à sa bouche, la lève et recommence à boire. Le liquide s’écoule et Jean-Pierre, en l’avalant, fait un bruit d’où s’échappent de grosses bulles qui remontent à l’intérieur de la bouteille en gargouillant. Ses yeux sont fiévreux et je me demande si les miens aussi sont devenus comme ça. Tout le haut de ma poitrine s’est enflammée comme après une grande course et mes oreilles chauffent, battent et bourdonnent en même temps. Mon visage, lui, est en train de s’épaissir et il va bientôt être tout boursouflé. Est-ce pour ressentir cela que Siki, l’ancien marin noir, se saoule ? Je regarde vers le bas et l’armure de Jeanne d’Arc me fait penser à Saint-Georges et au Dragon. La Cheftaine nous a raconté cette histoire il n’y a pas très longtemps ; elle nous a décrit le courage incroyable qu’il a fallu à Saint-Georges pour terrasser cet horrible dragon. Jean-Pierre continue à boire et mes poumons battent comme des ailes, j’ai la gorge et la bouche en feu, mon estomac monte, descend, puis remonte, remonte, je suis le Dragon, et Jean-Pierre, le grand blond, est Saint Georges, et je lui envoie des jets venus de mes tréfonds et qui sortent par ma gueule et mes naseaux, et qu’il reçoit en plein sur sa chemise. Ca fait de grosses traînées violettes. C’est un vrai miracle, je me suis transformé en dragon, véritablement, comme dans un rêve ou un cauchemar ! Mais je n’aurais jamais imaginé que je pouvais ainsi projeter du vinaigre par les narines…

J’entends un grincement derrière moi, je me retourne et vois les deux portes hautes et massives de l’Eglise qui commencent à s’ouvrir…

L’ardoise…

Entre l’inexorable et l’inéluctable, les jamais et les peut-être, la langue fourmille, les adages foisonnent, et le Trésor des Signifiants rutile comme tous les bijoux dans le coffre ouvert de la caverne d’Ali Baba, alors qu’à l’autre bout, l’envers mat de l’argot scintille pour dire ce qu’il y a à dire, pas plus, mais mieux.

Quoi de plus significatif que ce simple mot pour dire l’importance de ce trafic ronflant de devises tirées d’un avenir flou. Au demeurant, il parle du crédit – la richesse des pauvres – qu’on trouve au bar du coin, inscrit sur un cahier poisseux, de l’argent qu’on continue à boire même quand on est à sec, ou inscrit au vu et au su de tout le monde, sur l’ardoise pendant misérablement au bout d’une ficelle chez l’épicière (y en a même plus…), pour les dèches à court-terme, criantes celles-là, mais du même tabac que les perpétuelles.

Peine d’argent n’est pas mortelle – pas comme l’autre, la Covid -, et on a vu la République dégainer, quasiment se dégrafer pour sortir les biftons par centaines de milliards pour sauver la France, autrement qu’avec les Gilets Jaunes, dix petits milliards minables qu’avaient même pas eu le temps d’être contestés ou négociés , recouverts par la marée jaune de ces Coronna qu’on n’avait jamais entendu parler, sauf en bière ou en cigares, et qui tiennent maintenant le haut du pavé, comme si y avait que ça.

Qui remboursera? C’est pas nous, c’est pas nous… ( sur l’air du Grand Méchant Loup ). C’est vrai qu’il sera mort avant,  » Quoi qu’il en coûte  », bien avant que cette dette inimaginable ne s’éteigne, car, à part l’Emprunt Russe, rien ne s’oublie, et on peut encore voir les traces de valeurs plus anciennes à même les murs rocailleux des grottes de Lascaux, Tautavel et autre Chauvet.

Et pendant ce temps-là, la Première Dame de France recueille les petites pièces jaunes avant qu’elles ne disparaissent au fond des portes-monnaie, oubliées, désuètes, larguées même par le paiement sans contact, Covid oblige.

Perdons-pas la boule…

 » A deux pas d’ici je vous le fais savoir  », vers célèbre du CID que je peux reprendre dans mon répertoire puisqu’une sphère d’acier de 25 mètres de diamètre, une énorme boule, serait visible de mon balcon sans cet immeuble idiot qui m’en cache la vue, tout près, de l’autre côté du Canal. Posée à même le gazon, légèrement enterrée, on la croirait tombée du ciel. C’est un microscope électronique d’un million de volts.

Dans la situation actuelle, après un an de tergiversation, de cache-cache, de tu l’as! Va falloir écoper: on coule… je verrais bien une queue d’aveugles avec leur chien devant l’entrée, attendant la description d’un coronna virus sur un écran géant.

C’est vrai, quoi! Hier soir on pouvait voir Bruno Lemaire, avec sa tête de premier de la classe ( Coluche ), très souriant, très détendu, quasiment d’égal à égal – ils descendent tous de leur piédestal pour parler à la foule – nous expliquer qu’à la fin de la crise sanitaire la reprise se fera tout de suite grâce aux cents milliards d’économie que les Français auront mis de côté et qu’ils pourront enfin dépenser.

Je venais de me taper un document de l’ INSERM explicitant les méfaits de la gent humaine depuis la Révolution Industrielle, aboutissant à l’Anthropocène, ère où l’Homme modifie l’Ecosystème, le climat, déforestant une surface équivalant à l’Europe, les élevages et l’agriculture intensifs, saturant l’atmosphère et la troposphère de particules fines, changeant l’équilibre oxygène, azote et bioxyde de carbone nécessaire à tout ce qui vit sur la planète, et j’en passe…

Maintenant qu’il n’y a plus les Guignols de l’Info, que nous avons perdu Devos, Coluche et Desproges, on pourrait s’aider des petites bonbonnes de gaz hilarant dont usent les jeunes pour nous poiler, nous tordre dans des fou-rires inextinguibles provoqués par ces nouveaux boute-en-train.

Le Messie

Après avoir montré à Ezéchiel son existence à travers la vision extraordinaire de cette roue dans le ciel – Ezéchiel saw the wheel in the sky – grand format, à l’époque, y avait pas de microscope électronique, voilà que Yahvé nous envoie ce Messager-c’est comme ça qu’on appelle ce nouveau vaccin- alors que nos moyens ordinaires le renvoyait aux Calendes Grecques, le temps de décimer les humains, Ses Créatures.

Qu’on ne s’y trompe pas, c’est une course à la vie à la mort. D’ailleurs, nous, on fait dans la survie, on commence par nos vieux, ceux qui en sont le plus près, et on ne démarre pas sur les chapeaux de roue bien que des variants, des mutants, des souches même apparaissent ça et là, ma parole…

L’OMS, qui est pas en retard d’une rame seulement, arrive en Chine pour voir si il y a encore quelque trace du premier Chinois infecté, celui qui est mort, de sa chauve-souris ou de son pangolin: trop tard, les nouveaux virus se sont emparés des plateaux de radio et de télévision et sèment la peur, l’épouvante et le chaos.

Nous, on attend sagement notre tour, sachant que si ça barde, on se cloîtrera, comme les chauves-souris.

En tous cas, pas la peine de chercher, ils sont partout et descendent du ciel, par l’Echelle de Jacob

Pandémie et panacée (2)

Si notre intrus se contente d’une taille et d’une constitution fort modeste – une sphère hérissée de protubérances comme carcasse et deux brins informatiques pour viatique gravés d’une intention néfaste, un besoin intense de se reproduire à l’identique jusqu’à épuisement – sa cible est autrement montée : trois cents millions d’alvéoles qui, déployées ou dépliées, comme vous voulez, auraient la surface d’un stade de football, c’est dire.

A intervalles réguliers, deux grosses éponges se gonflent et se dégonflent d’un demi-litre d’air qu’elles filtrent pour en extraire l’oxygène indispensable à une combustion occulte, en rejetant l’excédent dans l’atmosphère ambiante, en traitant ainsi douze mille litres, douze mètres cubes,quotidiennement (en France ).

Sept milliards et demi d’humains s’évertuent à entretenir son espèce ainsi, tout comme les Shadoks le faisaient à l’époque tous les soirs à la télévision en nous caricaturant dans leur intermède où Claude Piéplu nous le rappelait : ‘’ Et pendant se temps-là, le Shadocks pompaient … ‘’

Vu comme çà, grosso modo, c’est encore acceptable, mais imaginer des milliers de gus contaminés vomissant leurs parasites par centaines comme la Sorcière des Contes de Perrault, on se croirait revenus au temps des Fées, même si les pizzas et les hamburgers circulent malgré tout.

Tous ces gens également masqués, c’est Venise qu’on assassine… et à force de ne pouvoir regarder que l’étrange lucarne, on va avoir la tête au carré, surtout avec l’industrie des commentaires qui nous cloue le bec, chacun y mettant son grain de sel, nous, on n’a plus rien à dire, on nous vide le citron, on devient idiot.

Vivement qu’on revienne au temps où on pouvait se plaindre…

Pandémie et panacée

Trois mêmes lettres commencent les deux mots qui bornent ce qui nous affecte depuis près d’un an maintenant, P, A,N, comme ce Dieu protecteur de la Nature dans la Mythologie grecque.

Panacée, elle, vient de Panakéia, Déesse de toute compassion, rédemption ou guérison, qu’imploraient les malheureuses victimes du sort (on ne connaissait pas encore le microscope électronique) ou la baguette magique – comme l’invoquent aujourd’hui les détracteurs du Professeur Raoult – pour mettre fin à cette foutaise. D’ailleurs, ce nouveau vaccin à messager ARN y ressemble beaucoup car, sans même pouvoir vérifier ses effets secondaires tellement l’attente est ardente, on l’administre, d’abord à ceux qui craignent visiblement le plus, ainsi qu’aux soignants les accompagnant.

L’affaire étant dans le sac, les deux Dirigeants des firmes produisant le nouveau vaccin n’ont pas attendu eux non plus les effets de leur procédure: dès qu’ils ont eu la garantie de leur irresponsabilité en se qui concerne d’éventuelles conséquences à terme, ils ont largué toutes leurs actions se comptant par millions de dollars.

Nous-mêmes, quasiment complices, avons entendu l’un des Enchanteurs déclarer qu’il ne faudrait pas plus de six semaines pour amender ce bidule contre toute nouvelle mutation.

Aujourd’hui, pour inaugurer le début de la fin, on a piqué dix résidents dans deux Ehpad assez éloignés l’un de l’autre comme on le fait pour les expérimentations avec placébo, vingt héros, vieux.

Y a plus qu’à attendre la suite: sept milliards et demi d’humains à la queue leu leu pour qu’on leur inocule un hachis d’ARN stocké par moins quatre vingt.

Qui dit mieux ?

Bas les masques!

Parlons-en encore un petit peu avant qu’il ne disparaisse, l’abolition de son règne étant à l’horizon grâce aux moyens colossaux que nous avons engagés dans cette partie à pile ou face.

Ce qui est étrange, c’est qu’il nous ressemble beaucoup, et on entend souvent proclamer l’efficacité de son antidote: la dispersion. C’est comme ça qu’on ordonne le début de la fin des manifestations, ce qui est du moins sensé y mettre un terme… C’est vrai qu’après s’être réunis dans un espace dédié ( ah! ces vocables nouveaux) à cet effet – avant, tous ces emplacements avaient pour vocation de recevoir les troupes, de les y stationner autour de leurs bivouacs, de leurs faisceaux, le temps de leur affectation au prochain casse-pipe, là où ils allaient s’étriper, se transpercer de leurs lances, de leurs baïonnettes, si un projectile n’avait stoppé leur élan avant, leur offrant une halte commune, partagée. Après, le véritable danger résidait dans leur dispersion.

Eh! bien, pour cette putain de pandémie ( le mot n’est pas trop fort ), c’est un peu la même chose. Je m’explique: Ce Coronavirus n’agît qu’en réunion, comme les complots, et souffre d’une tare similaire, cette dispersion qui l’affecte au sein de son existence, dans l’air qu’on respire. Mais quand il s’attelle à une chaîne dansant une farandole macabre, il épouse alors cette autre consistance ou il se perd et se dilue, quitte à se liquéfier, pourvu qu’il participe à l’envahissement d’un appareil respiratoire où il va pouvoir se dupliquer à l’extrême, se multiplier à l’infini. Qui ne ferait pas de même?

Faudrait peut-être inventer une autre gigue, un galop, une carmagnole quelconque pour l’entraîner à une danse nouvelle et lui faire oublier cette sale manie.

Se laver les mains…

C’est vrai que le Médecin Hongrois Semmelweis, entre autres, incrimina la transmission par les mains d’un agent de l’infection provocant la fièvre puerpérale qui tuait tant de femmes après leur accouchement, en prônant le lavage des mains, il stoppa le phénomène.

Un autre, Ponce Pilate, petit Procureur Romain, en délivrant Barabas, un voleur, laissa crucifier Jésus, ce dont il se disculpa en se lavant publiquement les mains du sang d’un innocent, inaugurant ainsi une saga qui, à l’instar de la Covid-19, envahit la Terre entière d’une idéologie qui imprègne encore aujourd’hui un tiers de l’Humanité, deux milliards et demi d’individus.

Cette Geste, comme on disait au Moyen âge pour décrire une épopée, mythique la plupart du temps, ressemble étrangement à ce qui se passe alors, quelque chose d’invisible qui se propage et dont on conjure les effets en se lavant les mains en priorité, à part les autres gestes barrières accompagnant ce rituel.

Techniciens, scientifiques et autres intelligents des plus pertinents, tous sont tenus en échec par ce mystère dont on comptabilise seulement les scores à défaut de pouvoir l’exterminer, nous terrant à domicile, nous masquant au dehors, tous tenus prisonniers de cette lubie.

A ces protections est venue s’ajouter une vaccination jusqu’alors impossible, l’ARN messager, dont on connaît maintenant l’efficacité, l’innocuité et qui va constituer artificiellement une immunité collective, à terme, après l’été, et même si une partie de la population n’a pu être opérée (30 %)

Jusque là, la contamination sera constante en raison de l’imperfection actuelle de notre protection, mais nous viendrons finalement à bout de cette chienlit, la rangeant au placard des infections saisonnières ou épisodiques.

En attendant, nous n’aurons pu combattre que les symptômes de cette vacherie, subissant le sacrifice des plus fragiles d’entre nous, des plus faibles aussi, nos aînés.

Ces mystères nous dépassant, feignons d’en être les auteurs, disait Jean Cocteau dans  » Les mariés de la Tour Eiffel, aussi, un supplément, et pas des moindres, viendrait pousser à la roue notre démarche: une meilleure connaissance du processus.

La Covid-19, telle qu’on l’a nommée, et c’est déjà notre avantage, s’est propagée et sévit depuis un an en n’ayant rencontré aucun obstacle grâce à son incognito et surtout à une faculté particulière dont dispose l’animalcule: le facteur K (dont je revendique l’implication, depuis le temps où je me mêle de ce qui me regarde). Cette indication, au demeurant dérisoire, reste capitale mais, ne pouvant être reconnue en raison de son caractère hautement occulte, elle a pu, ni vu ni connu, j’t’embrouille, user et abuser de son pouvoir pour nous mystifier.

Le virus, d’ordinaire dispersé dans l’air, vise à constituer une nuée qui prend alors la même homogénéité qu’un gaz (l’aérolisation) pour s’infiltrer dans notre appareil respiratoire et fabriquer industriellement des copies qui sont rejetées, dispersées ( facteur K ) envahissant l’atmosphère ambiante afin de reproduire les mêmes scénarios sans jamais se lasser.

Sachant que chacun de nous exfiltre douze mille litres d’air chaque jour et en attendant ce nouveau Messie, l’ARN Messager, notre Sauveur à nous, évitons toute promiscuité, tout confinement, shake hand, réduisons nos transports en commun ( pas les autres ). Françaises, Français! Aérons-nous…

La sécurité globale…

Que pourrait-on souhaiter de mieux? Hé, bien! C’est justement ce que notre Gouvernement souhaite légaliser et nous offrir pour Noël. Bientôt une berceuse pour nous endormir et des croissants chauds au réveil, des pantoufles toutes neuves. Pourquoi-pas? Suffira de demander au Grand Sachem d’allonger la sauce, celle qui accompagnera nos arrières petits enfants tout au long de leur vie. Au moins se souviendront-ils de nous, ce qui n’est pas toujours le cas aujourd’hui.

Global, global, qu’est-ce qu’on entend par là? Englobant tout ou, au contraire, grosso modo? Entièrement ou environ à vue de nez? Plus de ronds-points avec cabanes et barbecue? Des manifestations exclusivement pacifiques, même si elles sont interdites? Des CRS sans matraques, à mains nues, comme au catch? Que du violon, pas de tam-tams! z’ont qu’à sortir les lions et les tigres de leurs cages et mettre les encagoulés à leur place.

Non, non. Devant tous les dangers qui l’accablent, on veut opposer un train de lois qui assure la sécurité à la Société dans son ensemble. C’est ainsi qu’on nous a incarcéré durant de longues semaines, ne nous autorisant à sortir que durant une heure et un kilomètre, uniquement autour de notre piquet, et pour des raisons justifiées à cocher dans les cases définies sur un document personnel et portatif. Après nous avoir masqués, distanciés, nous lavant les mains autant que possible, tousser et éternuer légalement, limité nos accès aux commerces encore ouverts, finalement, il nous est demandé de manifester nos revendications (celles qui subsistent malgré tout) dans le calme.

Je suis sûr qu’après les vaccinations, un temps d’incubation prolongera notre convalescence afin de sortir de cette mésaventure la tête haute et pas les pieds devant comme le suggèrent certains.

Finalement, les super-milliardaires qui ont acheté la cryogénie de leur tête jusqu’à qu’on trouve le moyen de la ressusciter ne savaient pas qu’on pourrait commencer avec un segment d’ARN à – 80 ° pour beaucoup moins cher.

Moi, franchement, que ce soit à – 156 ° ou – 80 °, ça me fait froid dans le dos, et quand on voit la banquise se disloquer ainsi, j’ai peur qu’il n’en y ait pas pour tout le monde.

Déconfinez-vous! (Feuilleton prophylactique) 7

Le cirse, quoi de plus représentatif dans le registre du nuisible que cette plante à l’apparence plus que rustique, à la floraison de petites pétales tubulaires bleu tendre et dont la présence dans les jachères rappelle sa pérennité. Déclaré notre ennemi, et pour cause, il est capable de pousser ses racines à cent mètres autour et si ça ne suffit pas, d’envoyer des messagers évanescents porteurs d’une graine minuscule jusqu’au diable, au Diable Vauvert, c’est dire…

J’ai la comprenette légèrement handicapée mais la réputation d’être tenace, voire pugnace diraient d’autres observateurs. C’est ainsi que cette vidéo montrant des gens en scaphandre envoyer des nuages de désinfectant dans les espaces urbains a touché en plein cœur ma curiosité naturelle et la nécessité d’une explication m’a poursuivi jusqu’à maintenant. Ce faisant, luttaient-ils contre des fantômes? Ou alors c’était symbolique, comme une incantation, la conjuration nébuleuse d’un phénomène abstrait. On était en Chine, et là-bas, ils ont d’autres dragons

Avec mon obsession sous le bras, je recueillais par-ci par-là des des données essentielles sur les processus qui avaient laissé de marbre les détenteurs du savoir officiel ou, au contraire, en avaient résigné plus d’un – les bras m’en tombent, faudra faire avec, y en a pour un moment etc, etc – c’est vrai que dans ce monde extraordinaire de l’infiniment petit, l’imagination est larguée, les formes des engins insoupçonnables et leur variété, leurs modes d’existence, vous laissent sur le cul.

En gros, quand le système immunitaire est débordé, les poumons sont touchés, c’est à dire contraints d’accueillir les virus qui s’installent dans les cabines – c’est Star War – devant le tableau de bord génétique et, en prenant certaines commandes, envahissent l’organisme de myriades de répliques de cellules infectées qui, projetées à l’expiration, font le lit de la contagion.

Cela ne pourrait pas se faire sans la constellation des virus aérolisés s’accumulant progressivement pour constituer la charge virale nécessaire à l’infection. Et, c’est cette faculté de réaliser cette condensation, de pouvoir changer la teneur de l’air que nous respirons, mis à part les particules fines, les microbes et bactéries habituels, oxyde de carbone et autres méthanes, dont nous contrôlons ordinairement l’existence, qui lui a donné cette puissance.

Vous avez compris qu’en attendant que les vaccins parviennent à actualiser notre immunité, un déconfinement permanent doit présider à notre destinée, je veux dire par là l’aménagement constant de notre propre environnement, en nous aérant, en nous espaçant, nous éloignant de tout rassemblement, assainissant proprement l’endroit, les endroits où une condensation virale pourrait s’amorcer.

Déconfinez-vous!

Ma démarche (enrichie)

Il faut faire tout ce qu’on peut pour ne pas mourir idiot, et il n’est jamais trop tard, je suis d’accord, mais il y a des mystères qu’on risque d’emporter avec soi.

Ma démarche est ridicule, je le sais. Assis, ça va. Couché aussi. Debout, c’est bon encore; mais, dès que je me mets à marcher, patatras, rien ne va plus. Un bon copain me dit:  » Tu marches comme un Sénateur… », un autre:  » C’est ta façon, que veux-tu…  », et tous acceptent de ralentir l’allure, d’accompagner cette lenteur quand ils marchent avec moi.

Toutefois, quand je suis seul au milieu de la foule, je suis largué, tout un chacun  me double, me passe devant, me croise en me coupant la route, me frôle, s’impatiente derrière moi, et on dirait que je suis arrêté. Alors, pour être comme tout le monde, j’agrandis mes enjambées et il me semble que je saute comme une danseuse classique ou que je vais finir en grand écart. Ou bien je multiplie mes foulées pour marcher à la même allure qu’eux et j’ai l’air de trotter comme un rat. A New York, ce fut terrible. Là bas, la plupart des gens sont plus grands que toi et, en plus, ils sont tous pressés, très pressés. Au milieu de ces gigantesques robots sur ces immenses trottoirs dans l’ombre des gratte-ciels, tu es complètement tourneboulé, et tu rases les murs pour ne pas être flippé à droite ou à gauche, coincé dans un bomper qui va te propulser je ne sais où et disparaître,  tilté.

Et puis, alors que nous sortons du café où je rencontre mes amis juifs pieds-noirs tous les jours ou presque et que nous commençons à marcher, j’observe que je vis quelque chose d’inhabituel, de bizarre. Au milieu d’eux, je ne ressens pas cette presse, cette cohue redoutée: je marche comme eux, ils marchent comme moi. C’est fou, en traversant la mer méditerranée, nous avons emporté avec nous notre accent, c’est sûr, mais pas seulement, notre déambulation nous a suivi.

Enrichie.

Oui, depuis quelque temps, la contracture à gauche de ma colonne vertébrale, au niveau du nombril derrière, me fait souffrir – sans doute la perte de tonicité de ma musculature – et j’ai décidé de m’en soucier, de m’en occuper.

C’est une vieille avanie qui se manifeste en raison de l’usage quotidien de mon corps, une certaine usure, normale depuis tout ce temps. Bien sûr, dit le Kiné, maintenant c’est installé, et ça va être difficile à modifier.

En vérifiant l’état des lieux, je constate effectivement une différence de hauteur entre mes deux épaules, visible aux traces éphémères laissées sur l’huis: trois centimètres! C’est énorme… Comment ai-je pu traîner ça sans le savoir? En fait, ma contracture l’a enregistré progressivement et le ressort maintenant sous la forme d’une rotondité, d’un nœud souffrant.

Une semelle intérieure prélevée sur une autre chaussure corrigera peu à peu cette erreur de la nature et je me souviens, quand nous longions la plage de sable, mon cousin beaucoup plus petit que moi me demandait de marcher du côté mer, à l’aller comme au retour.

C’est connu, on a toujours besoin d’un plus petit que soi, ou vice versa, mais là j’suis tout seul, alors je marcherai sur le trottoir dont la pente, infime soit-elle, compensera le mieux mon handicap.

Je ne sais pas qui a construit la Tour de Pise, il était gonflé, le mec…

Déconfinez-vous (Feuilleton prophylactique) 6

A part ce film extraordinaire, dont on peut voir l’affiche sur le blog  » Les 55 jours de Pékin  », où les Chinois assiègent l’Ambassade des U.S.A. durant cinquante cinq jours, nous-mêmes avons été confinés pendant cinquante cinq jours par ce virus chinois, il n’y a pas d’autre synchronicité à l’horizon et les écoutes paraissent claires sur le pont.

Pas du tout, pas du tout! Ce film relate ce qui s’était passé 120 ans auparavant et qui pouvait déjà nous alerter sur ce qui nous arrive aujourd’hui. Quant à la similitude, que vous faut-il?

De l’information pure, l’info elle-même s’incrustant dans notre chair, pire, dans nos poumons, jusqu’à vouloir nous décimer en se propageant grâce à nos palabres notamment, nos bavettes, nos conciliabules, portée par d’infimes gouttelettes, ce brouillard qu’on distingue l’hiver à partir de nos expirations.

Mais, de quoi s’agît-il exactement? De la naissance d’une nouvelle unité sortie directement de WUHAN, cette carte postale de la pollution dont nous pouvions observer les gratte-ciels à travers la brume qui surplombait la mégapole en permanence; WUHAN, fleuron de ce qu’on a surnommé l’Atelier du monde, cette Chine millénaire convertie brutalement à la nouvelle religion occidentale, l’industrialisation, après être passée durant quarante ans par le communisme.

Elles se trouvaient là, dans un marché couvert de la ville, au sein de chauve-souris ou de pangolins – bestioles que nous ne consommons pas, nous autres occidentaux – et, en faisant un bond extraordinaire par-dessus la barrière des espèces, en mutant carrément, infectèrent les badauds sur le champ. Soixante douze jours après, notre univers était à leur merci.

Il doit y avoir bientôt un an et 1,2 million de morts pour nous informer, nous embaumer (version parfum) de la présence de milliards de particules flottant dans notre atmosphère, plus encore dans la troposphère – couche supérieure – et qui constituent dorénavant le fond de l’air que nous respirons

A l’heure du G20, et pendant le golf de Trump, on devrait commenter la situation sanitaire globale, cette vaccination tout azimut de sept milliards et demi d’individus qui devrait nous permettre de reprendre cette frénésie hystérique qui nous amusa tant avant, avant ces confinements imbéciles. Ah! Oui, déconfinons-nous…

Déconfinez-vous! (Feuilleton prophylactique 5)

Quand on est aux prises avec un mystère, l’arme qui lui est fatale, c’est la question, l’interrogation. Qu’est-ce donc qui a pu générer ce tintouin de tous les diables, ce bouleversement de toutes nos habitudes, désertifier nos cités et finalement nous retrancher dans nos logis en ouvrant les fenêtres de temps en temps pour aérer et en sortant nous aérer nous-même munis d’une autorisation dérogatoire de le faire? C’est la peur, cette peur entretenue par les slogans, les recommandations, répétés tout au long de la journée et même en pleine nuit, quand vous vous réveillez en sursaut, trempé de sueur, ou par ces masques qui nous ont transformés en mouquères, en demi-mondains, manque plus que le schnorkel comme les sous-marins pour respirer un peu et la canne pour les dénivellations; je reconnais à moitié les gens que je croise, quand j’en croise. Accrochés au dernier nombre de morts du jour d’avant et tremblant comme les dernières feuilles de cet automne, notre futur est périmé et les jours se répètent dans l’infini.

Pourtant, que se passe-t-il vraiment, réellement? Il y a cent ans à peine , la grippe  » espagnole  » a tué des dizaines de millions de personnes; nous, nous n’inverserons pas le sens de l’aiguille du calendrier démographique qui totalisera ces milliers d’habitants supplémentaires cette année encore. Si, par malheur, infectée quand même, quelque personne à risque au-delà de 65 ans, diabétique, obèse, cardiaque ou cancéreux à la fois, échoue en réanimation, elle ressuscitera trois semaines après.

Mais des morts subsistent encore chaque jour et ils s’affichent scandaleusement dans un total rouge et anonyme, pourtant, ils n’appartiennent plus à la communauté. C’est ça, ce sont des morts en plus, inhabituels, et qui viennent troubler l’ordre des statistiques régulières, les courbes harmonieuses de l’humanité en marche. Mourir, d’accord , mais normalement. On n’a pas encore trouvé la première chauve-souris responsable de ce désastre mais le dernier porteur de ce virus ne nous échappera pas – tout comme le dernier des Mohicans.

Déconfinez-vous! (Feuilleton prophylactique 4)

Je croyais en avoir fini( ne jette pas d’huile sur le feu! disait mon père ) avec cet embrouillamini mais en vérifiant les modes de contamination, d’infection, voire de contagion ( finalement, à force, il va finir par sentir une attraction ici, chez moi), plus encore, le virus lui-même a-t-il une intention? (il serait alors criminel!), je tombai sur un Philosophe mettant en cause Régis Debray, Comte-Sponville et Bernard-Henri Lévy, rien que ça. En plus, il est noir d’origine Sénégalaise et brillantissime( d’où l’expression, il brille, même dans le noir), c’est surprenant quoique pas étonnant, en tous cas rassurant(qu’une partie de l’humanité ait continué à progresser cependant que les vautours et les chacals déchiquètent encore les vieux restes de l’autre).

Ce qui m’avait surpris, moi qui suis toujours sur mes gardes, c’est la propagation de l’infection, comme un grand filet jeté de l’immensité et recouvrant peu à peu la planète alors que nous restions toujours sur la probabilité de gouttelettes échangées entre les participants, un grand paintball de Coronavirus pouvant expliquer cette diffusion extraordinaire.

Monsieur Pierre Franklin TAVARES, philosophe et politicien met le projet pandémique au cœur du virus lui-même ( v’là autre chose!). Bon, pourquoi pas? il y a bien eu des peuples qui se massacrent volontairement, ou, au contraire, prolifèrent jusqu’à saturer la terre, la mer et l’atmosphère avec les déchets d’une civilisation galopante.

Si j’ai compris le principal (fais-nous un résumé, Gérard…), nos manigances, nos trafics avec la nature finissent par l’écœurer et elle nous renvoie ce qu’elle a de plus performant du fond de la création pour stopper nos processus. A part le Déluge, et c’est une fiction, rien de plus opérant ne nous était arrivé depuis. Si, Hiroshima et Nagasaki qui ont arrêté les destructions massives et notre extermination prochaine, sûre et certaine.

C’est pas mal que des yeux voient à travers autre chose que ce qui a déjà été joué cent fois, une originalité, un commencement, un déconfinement.

Déconfinez-vous! (Feuilleton prophylactique 3)

Toutefois, le désert n’a-t-il pas toujours été un terrain fertile aux vocations fières et ambitieuses, Jésus, Christophe Colomb, j’en passe, et là, ce n’est pas parce que le phénomène est mondial qu’il va nous la couper. On en a vu d’autre dans le genre. Stanley Kubrick, dans 2001, Odyssée de l’espace, mettait aussi ses héros interplanétaires dans le coma pour éviter qu’ils ne vieillissent trop vite. Nous, c’est afin qu’ils n’y passent pas avant l’heure.

Bon, une fois ce constat fait, faut quand même avancer dans la connaissance de l’individu, même si il n’est pas comme nous. D’abord, mises à part les gouttelettes, il flotte et, comme le Cirse des champs, est très sensible au facteur K, qui indique sa faculté de dispersion ou de concentration, et il va même jusqu’à se dissoudre dans l’air, s’aéroliser, pour mieux épouser notre respiration et entrer dans notre organisme.

On comprend mieux maintenant pourquoi ces masques relégués dans des entrepôts anonymes, insignifiants, bientôt abandonnés, sont devenus tout à coup indispensables, prioritaires pour filtrer le plus gros des particules que l’air véhicule, afin de pouvoir traiter les autres corpuscules, notamment les coronavirus, nettement plus petits, plus virulents.

Et ouvrir régulièrement portes et fenêtres pour changer l’air et empêcher la formation naturelle de  »clusters », c’est à dire une condensation de virus, la charge virale, comme on la définit, toute prête à s’aéroliser pour effectuer de prochaines infections.

Les Docteurs WATHELET et FEIGL-DING m’ont beaucoup aidé à comprendre ces parts occultes du phénomène, complétant la distanciation sociale (pour les gouttelettes), le confinement (pour abaisser l’exposition virale et la pollution, facteurs essentiels de l’épidémie).

Trois petits intermèdes pour partager certaines connaissances, sans trop augmenter l’infodémie dont nous sommes submergés.

Déconfinez-vous! (Feuilleton prophylactique 2)

Nous avons détaillé le virus et sa diffusion mondiale extraordinaire en donnant comme exemple le Cirse des champs, défiant la pesanteur, la gravité et la pression atmosphérique, en se baladant même sans vent à deux mètres du sol, en obéissant seulement aux ascendances naturelles pour franchir des distances inimaginables.

Avec des dimensions autres, c’est à dire infiniment moindres de 0,06 microns, nous tombons dans le domaine des particules élémentaires, corpuscules flottant dans l’air, seulement visibles au microscope électronique, et ayant des propriétés comparables au passe-muraille, à la lévitation ou à la résurrection, un vrai mystère, comme au Moyen-Age.

Non content d’avoir ces capacités peu commune, pour commettre ses méfaits, il s’aérolise. Kézaco? Ah! oui, je m’en souviens: quand on m’avait envoyé une vidéo où des personnes en scaphandre projetaient des nuages de désinfectant derrière des camions-citerne faisant le plus gros en arrosant le bitume. C’est de là que m’était venue cette idée horrible de l’envahissement de l’espace aérien.

C’était une inspiration diabolique, personne ne souhaitant en débattre ou même en entendre parler, en roulant des yeux pour conjurer ce péril. Je me tus donc pour éviter d’être maudit.

Que nenni! mon intuition était tenace et quand j’appris que 90% des contaminations se faisaient par voies aériennes, elle devint une conviction. Approuvé par un grand infectiologue Pasteur n’était pas mon cousin et, persuadé d’œuvrer pour l’Humanité, j’informais les plus hautes instances de devoir alléger leurs connaissances. Tout le monde y eut droit.

On m’éconduisit très poliment en me remerciant de tant me soucier pour sauver le monde. Pasteur n’était pas mon cousin, du tout.

Effectivement, ils leur était impossible de renoncer à leurs gouttelettes, seuls taxis reconnu pour amener le Roi Covid (j’ai pas dit David, enfin presque…) aux orifices habituels, ces gouttelettes qu’on projette en éternuant, en toussant, en respirant, ou celles, plus petites encore, quand on parle.

Déconfinez-vous (Feuilleton prophylactique)

( A relire des blogs précédents, il semble qu »ils se répètent pour ne pas oublier ne serait-ce qu’un détail de cette histoire)

Les confins désignant les limites les plus éloignées d’une région ( mais il ne tombe jamais d’eau aux confins du Colorado… ), quand on parle de la pensée comme contrée, c’est la vérité qui en est éloignée. Aussi, déconfinons-nous!

Pour démontrer ce qui me trottait dans la tête depuis le début, une image angélique de mon enfance m’est revenue. A un certain moment de la belle saison, certaines floraisons naviguaient au-dessus des prés. Composées de fins brins blancs presque transparents partant du centre, elles formaient de petites sphères arachnéennes seulement poussées par le soleil quand il n’y avait pas de vent. Leur légèreté nous comblait et nous les poursuivions, en vain, notre déplacement suffisant à les tenir hors de portée.

Il fallut plusieurs mois pour les identifier. Oui, bien que l’on voyait un peu ce que je voulais dire, il était impossible de les nommer, encore moins de se les figurer. On m’opposait le pissenlit portant au bout d’une tige une boule filandreuse dont un souffle détachait de petits parachutes s’envolant comme le montrait l’effigie du Larousse, mais ce n’était pas ça. Entre temps, il m’arrivait d’en voir passer et s’évanouir tout aussitôt comme pour me narguer. Jusqu’à ce que j’aille au bâtiment de la Direction des Espaces verts de la Ville où l’on me donna le nom botanique… du pissenlit.

Puis un jour, sur la bordure d’une montée de la Zone Verte ma femme m’en montra une grappe encore accrochée à un chardon, tout près de sa fleur mauve.  » C’est pas ça que tu cherches?  » alors que je dégageais délicatement mes souvenirs, sans craindre les épines du Cirse des champs, nom officiel de mon héros.

Pour démontrer la volatilité des Coronavirus, il fallait bien ça. C’est parce qu’ils ne mesurent que 0,06 micron, un million de fois plus petit qu’un cheveu, qu’ils ont pu envahir la planète à la vitesse tout azimut de 23 km à l’heure, durant 72 jours, plus vite que Jules Verne en ballon.

Quel spectacle!

Que lui a-t-il pris tout à coup? On aurait dit qu’il aboyait après toute une partie de l’hémicycle et, derrière le masque comme muselière, la ressemblance était frappante.

Notre Ministre de la Solidarité et de la Santé Publique a expliqué, après, les raisons de sa sortie(des rails): à peine avait-il commencé à décrire l’émotion qui l’avait saisi en ouvrant la porte d’un bloc de réanimation en voyant un jeune homme de vingt ans tuyauté de partout, puis à une entrée plus loin, un autre homme qui avait juste vingt huit ans, la réflexion d’un Député de l’Opposition tout près de lui l’avait fait bondir sur place.

C’est vrai qu’avec son acolyte, le Docteur Salomon, qui égrenait chaque soir un nombre impressionnant de morts comme si c’était des cacahuètes et ses discours fleuves et froids débités pour nous décrire combien l’action de son Ministère était bienfaisante après avoir menti éhontément sur les stocks de masques et accessoires, le nombre de lits et l’impréparation notoire contre une crise de cette gravité, ils partageaient un sang froid remarquable. (Faut pas prendre les gens que pour des cons! Coluche)

Cette promotion étonne par son arrogance, son aplomb, et, si nous n’étions pas déjà avertis par la brochette d’autres Tartuffe auxquels ils succédaient, on y croirait volontiers.

La réflexion  » Il va nous faire pleurer…  » ferait peut être larmoyer un banc de crocodiles autour de la dépouille gonflée d’un hippopotame renversé, mais là, entendue haut et fort, elle aurait provoqué un fou rire général.

Récidivistes, incarcérés depuis une semaine, et jusqu’au 15 Décembre, pour donner du champ à cette léthargie on a voté la sortie de l’Urgence Sanitaire à la mi-Février. il y a eu des remous.

Non, mais dis! Enfermés comme ça durant trois mois et demi, on va devenir comme eux: sidérés, impavides.

L’anthropocène

Si la temporalité représente l’ensemble des effets du temps sur le monde et tout ce qui s’y trouve, l’anthropocène désigne l’ère durant laquelle l’homme aura sévi sur terre.

Jusqu’à présent, cette espèce, rien moins que belliqueuse, contenait sa démographie grâce aux affrontements réguliers résultant des haines, la plupart du temps xénophobiques, que leurs situations géographiques avaient générées, notamment après l’enracinement des frontières ou l’imposition d’une langue commune. Les épidémies avaient aussi leur moisson et l’âge moyen dépendait beaucoup de l’hygiène pratiquée alors, la vieillesse devenant une sorte de noblesse.

Le progrès amplifia ces régulateurs jusqu’à la barbarie en industrialisant la mort et y mit un terme en utilisant l’arme suprême, la bombe nucléaire, ouvrant une période où les conflits se réglaient à l’ombre de cette calamité extrême. C’est ainsi que durant les soixante quinze années suivant Hiroshima et Nagasaki, la population mondiale tripla, passant de deux milliards et demi à sept milliards et demi d’individus.

Cela ne pouvait pas être sans conséquence et on a pu situer, à trois semaines près – à cause de la Covid-19 qui en a retardé le verdict – le pic que nous avons maintenant dépassé, le pic de la consommation des biens non renouvelables, l’air, l’eau, les énergies fossiles, géothermiques, éoliennes, solaires et autres. Désormais, nous vivons un crédit dont nous ne pourrons pas rembourser la totalité, la dette actuelle nous en montrant les prémisses.

L’intelligence que nous avons développée nous rend seuls responsables de la situation, c’est à dire de devoir en répondre, et le demi-virus qui a envahi la planète nous met au défi d’en poursuivre les processus.

Voilà donc un mois qui s’ouvre devant nous pour remettre les tiroirs en ordre, briquer un peu les casseroles et faire zazen, enfin se calmer un peu.

Le tocsin, le glas…

Dans ces temps bénis de l’Anthropocène, cette ère ou la temporalité humaine a tout envahi, repoussant aux confins de nos territoires toutes les autres existences, les ours blancs nageant maintenant dans un gigantesque jacuzzi, les orques désorientées s’échouant lamentablement bien avant leur destination, tels les dauphins, les marsouins ou les mouettes, les goélands, propulsés au-dessus du Mont Blanc, le tocsin ne sonne plus d’alarme, le glas n’achève plus grand chose, aucun son de cloche ne rythme plus quoi que ce soit, le futur lui-même ayant disparu.

Une fragrance d’éternité semble nimber nos jours, les contaminés, les super contaminateurs, les hospitalisés, les réanimés et finalement les trépassés – pour être poli – retranchent tous les jours un peu de vie à notre réalité: nous sommes redevenus mortels.

Pourtant, cette année qu’on dirait deux fois binaires, avec ces 2 et ces 0, recèle des évènements capitaux – perdus au milieu de tous ces chiens écrasés, ces Saint Etienne – Valence 2 à 0, ces titres aussi ronflants que creux, vides – qui sont des pépites, comme on dit.

Oui, cependant que j’eus enfin trouvé le nom botanique (Cirsium Arvense), le chardon des champs, dont la photographie orne le frontispice de ce blog, notre Ministre de la Solidarité et de la Santé, actuellement questionné pour la gestion de la Crise de la Covid-19, interviewé lors de l’émission  » A vous la parole  », lâchait  » si dans la foule d’une ruelle marchande, une aérolisation du virus vous infectait  » admettant enfin une forme que prend la méchante bête en suspension dans l’air pour se glisser dans notre respiration.

Effectivement, ce sont ces engins flottant gracieusement au-dessus des champs à la recherche d’une femelle ( j’allais dire une semelle, puis une semaine, pour en arriver là) de son chardon chéri qui m’ont alerté d’une similarité avec le virus, pas cent fois plus petit qu’un cheveu, moindre encore que la poussière qu’on voit naviguer dans les rayons du soleil.

Pas moins de six mois pour que cette intuition ne gagne des physiciens, des chercheurs, un seul infectiologue distingué et belge par dessus le marché ne m’ayant répondu, rejoint par une cohorte de centaines de Médecins forçant l’OMS à son admission.

De mon modeste anonymat je l’ai claironné, et personne n’a pu ignorer que le virus était dans l’air, ni le Président, de la France ou des Etats-Unis, le Directeur de la Santé, celui du Haut Conseil Scientifique de la République, de l’OMS, enfin tous ceux qui pouvaient être concernés.

Pire que l’innocence ou l’ignorance, il y a le déni.

La temporalité (2)

Essentiel

Dans mon blog L’An quarante j’avais déjà éclairci le propos, à savoir les quarante années qui encadrent chaque période de changement, les catastrophes qui les inaugurent ou les effondrements qui les achèvent. Là, nous devrons en sauter une pour nous retrouver en 1940 avec la défaite éclair de l’Armée française et la débâcle de ses populations, jetées sur les routes, fuyant les conquérants, sans autre destination que l’inconnu, le néant, le Diable.

Aujourd’hui, Il s’est introduit en catimini par l’intermédiaire du plus petit ennemi que peut trouver notre espèce, un virus, nous mettant en quarantaine. Et, bien qu’il n’ait rien à voir avec La Peste Noire – la disparition de la moitié de la population d’Europe – ou celui de la Grippe Espagnole – des millions de morts – il fait tout aussi peur, si ce n’est plus.

Pourtant, l’arme effroyable qu’on lui a opposé depuis tout ce temps aurait du lui interdire toute intrusion dans nos territoires hautement civilisés, très aseptisés, oui, ce déni qui ferait disparaître n’importe quoi, comme ces masques dont on s’est évertué à brûler toute trace jusqu’au dernier sous des mensonges éhontés. De même, les documents officiels, les rapports d’expertise, constamment émis par les lanceurs d’alerte et restés lettres mortes jusqu’à aujourd’hui où ces mêmes Autorités affirment leur maîtrise en masquant la population rendue responsable de l’infection, censée abriter des cas contacts, des porteurs saints et même des asymptomatiques, voire des super- contagieux.

Empruntant au lexique de la Marine, nous sommes sous le coup d’une deuxième vague, d’un ressac de l’épidémie qui touche un demi- gus sur mille, en général quelqu’un dont on a interrompu la vieillesse.

Même Trump ou Raoult vous le disent:  » Arrêtez d’avoir peur!  »

La temporalité

Technique, mais intéressant.

 

 
What do you want to do ?

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Comme j’ai eu directement affaire à elle, je m’en suis occupé, je pourrais même dire  préoccupé, méditant profondément sur ce machin que d’autres fêlés avaient côtoyé avant moi sans parvenir vraiment à dominer le sujet. Si, si, frôlé, presque appréhendé et aussitôt disparaissant, fuyant comme elle même, sans cesse.
 
C’est justement son côté ténu mais constant, imperceptible et implacable qui intrigue. En plus, nous en sommes complètement dépendant, liés à elle à la vie à la mort. Elle-même subordonnée d’une énergie dont les scientifiques n’ont pu que déclarer sa source non renouvelable, ils voulaient parler du temps, le plus calé d’entre eux a du y joindre l’espace pour pouvoir en parler un peu, c’est dire…
 
Pour le dire vite, il s’agît des effets du temps sur toute chose, et on se contenterait de cette définition si elle n’était pas aussi expéditive, alors que leurs conséquences, aux effets, sont majeurs.
 
Comme l’eau qui va de sa menue source jusqu’à la mer immense, franchissant les montagnes, sinuant dans les grandes plaines, s’enfouissant dans les sables pour en ressortir sans s’évaporer un brin, elle est partout, constamment. Qui en prend conscience regarde la masse silencieuse des eaux glissantes du fleuve.
 
 
What do you want to do ?

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Depuis l’avènement du numérique, on ne l’observe plus guère, des chiffres l’ayant littéralement fait disparaître. Pourtant, on avait réussi à observer son existence saccadée, infinitésimale, la fine aiguille des secondes détaillant l’écoulement de sa matière en entraînant le déplacement de celle des minutes, elle-même celle des heures, implacablement, inexorablement.
 
Quand on a la chance de saisir un mot, une phrase, qui définit ne serait-ce que le cadre (là, c’était le cadran) de votre problématique, on n’est plus noyé dans l’ignorance crasse de ce qui se passe dans votre vie, de ce qui s’est passé.
 
Tributaire d’une affection mortelle dont les prémices étaient surveillées trimestriellement depuis leur apparition, nettoyé parfois, je vivais sans le savoir, en l’ignorant sans doute, dans une suspension de mon temps biologique depuis dix-huit ans, et, quand il a fallu opérer la tumeur radicalement, c’est à dire en enlevant mon larynx et les cordes vocales attenantes, j’en suis sorti non seulement démuni mais  soudain chargé de toutes ces années vécues innocemment, avec un saut inimaginable dans mon histoire, un gouffre.
 
Après, il m’a fallu être patient pour joindre ces deux bouts de mon existence, ma vie d’avant et celle qui était devenue sans paroles, même pas de sous-titres ou de bulles comme dans les bandes dessinées, une sorte de monde du silence, un silence intérieur.
 
Mais, tout est si bien fait qu’on peut jouir d’une souffrance tout en en pâtissant.
 
 
 
 
 
What do you want to do ?

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Non, mais dit!

Après l’invasion de tous ces ronds-points dont on ignorait jusque-là l’usage qu’ils pourraient offrir à part ces contournements, ces détournements judicieux de nos allées-venues, de nos croisements incessants, fluidifiant une circulation toujours prête à se figer par des bouchons impossible ensuite à faire sauter et contaminant le réseau dans toutes ses formes au moindre encombrement, une nouvelle institution y balbutiait ses slogans, des gueux, seulement armés de leur colère et sous la même casaque de détresse jaune vif. Sans chefs, surtout pas. Ni de représentants, encore moins. A qui et de quoi parler alors?

L’accouchement n’avait pas été facile – mais que veulent-ils, enfin? C’est une Révolte? Non, Sire… On connaît la suite – ils avaient l’air de savoir ce qu’ils ne voulaient pas, alors on a improvisé: était-ce redresser un pouvoir d’achat défaillant? Consacrons-y quelques milliards et avançons les leur, il sera toujours temps de les récupérer. Serait-ce alors une participation à l’élaboration des trucs qui coincent, tiens, comme la pollution et le climat par exemple, établissons une assemblée de gens choisis au hasard, comme avant chez les Grecs, pour débattre à part, comme ils ont l’air de le souhaiter. En somme, un double de notre usine à gaz, mais avec des propos plus aériens, moins réalistes: une politique poétique, ça ne mangera pas de pain.

Car, ce qu’ils souhaiteraient au fond sans pouvoir le formuler encore, allons, n’ayons pas honte de le dire: ils voudraient une démocratie représentative.

Au lieu de déléguer tout le pouvoir à une seule et même personne comme vous et moi, et pour des années, avec la possibilité de former un Gouvernement pour en user à sa guise, tout le contraire: des assemblées de Représentants du Peuple, habilités à délibérer de ce qui concerne le Peuple, le Peuple lui-même, le Peuple en entier.

On était bien parti, même avec les gaz et les matraques. Heureusement, la Covid-19 est arrivée.

Maintenant, dès qu’y a plus d’un gus sur mille qu’a un pet de travers, on l’enferme et on l’endort trois semaines pour qu’il oublie tout, et gare aux autres et à celui qui sort tout nu, sans masque, je veux dire.

Déconfinons-nous!

Le polygone de sustentation.

Debout! Debout! C’est vite dit. Encore fallait-il y arriver, et s’y tenir, debout. C’est là que les Athéniens s’atteignirent.. Héritiers des Égyptiens, grands pourvoyeurs de Géométrie, ils furent sommés d’expliquer le phénomène, scientifiquement et comme cela tient plutôt de l’imagination, ils durent improviser. Déjà, les mystères du corps les fascinaient et ils en représentèrent les formes avec passion. Milo, Praxitèle, Pygmalion s’y collèrent et nous ont en laissé des preuves flagrantes. Quand on voit le Discobole ou Vénus, la Victoire de Samothrace, on réalise qu’on avait de l’avenir, le passé étant déjà ce qu’il était.

Ces statues étaient vivantes par leur pose ou leur grâce et on avait simplement figé la nature dans ce qu’elle avait accouché de mieux par la beauté des corps, l’élégance des gestes dans la somptuosité des drapés, mais elles restaient toujours immobiles: encore heureux!! les voyez-vous s’agiter le soir dans les Musées, après la fermeture?

Et c’est là que le dilemme s’amorça: comment auraient-elles fait pour rester debout s’il leur avait pris l’idée de bouger, de faire comme nous? … Et les Perses se percèrent (pour achever le début de la deuxième ligne).

Notre génie n’a pas de limite et faire tenir debout un personnage qui a quatre pattes, finalement, ça montre combien nous sommes attachés au progrès, et on est pas prêts de remarcher comme les quadrupèdes.

Pour faire court, notre socle, le polygone de sustentation, c’est un rectangle de 36 sur 28 centimètres sur lequel s’érige un corps de 1,60 à 1,90 mètres de hauteur, de 43 centimètres dans sa plus grande largeur et de 26 centimètres d’épaisseur. Donc, pour que tout ça tienne debout, faut de la technique. Sans rentrer dans les détails, la tête, la haut, détermine un centre de gravité qui se projette exactement à sa place sur le polygone en bas en bougeant tout le temps, surtout quand on marche, les pieds inscrivant alors des pas qui modifient le polygone d’autant pour qu’il reste opérationnel. De tout ça, on n’en a pas conscience, c’est devenu automatique. Pourtant, c’est une mécanique parfaite, lentement élaborée il y a très, très longtemps. Les femmes y ont ensuite intégré un déhanchement fatal au regard masculin – comment l’esprit vint aux femmes…

Faut dire que mon Père était vendeur de tissu au mètre, debout toute la journée derrière un comptoir, et le bain de pied avec des cristaux de soude qui l’attendait le soir à la maison n’était pas du luxe, son polygone en avait bien besoin.

Les tribulations d’une échine.

Par ce titre qui rappelle Godard, Anna Karina et Bebel, Les tribulations d’un chinois en Chine, et pour parler un peu de notre devenir, je me suis penché sur cette succession de silhouettes traversant les âges pour finalement s’ériger et atteindre cette position exclusive à notre espèce, verticale à jamais.

J’aurais pu dire courbé, mais ça ne correspond pas à notre nature: nous ne courbons pas l’échine, nous allons plutôt vers le contraire, au vu des forces qu’on réunit et oppose à nos revendications, qu’on augmente même si les nôtres faiblissent – et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là, c’est dire…

Alors que nos cousins se pendaient, se suspendaient, ou vivaient assis au milieu d’un univers suffisant à leur subsistance, notre conquérant se redressait progressivement en même temps qu’il inventait le moyen d’étendre son domaine, la marche, debout.

Et ce n’est pas la mémoire qui manque à nos nouveaux migrants qui reprennent les sagas d’ancêtres pour en continuer les périples, à croire qu’ils refusent ainsi la fin de l’Histoire et, plutôt que l’effondrement prédit par nos collapsonautes, ils la remettent en marche en déambulant par-ci, par-là, sans autre lendemain que cette recherche de Paradis perdus quelque part, comme les Rois Mages en Galilée, seulement guidés par leur étoile.

Quant aux rondes infernales des véhicules autour des agglomérations, à leur circulation constante sur le macadam, stoppés net durant un certain temps, de même que nos avions maintenant cloués au sol tout autour de la terre, le ciel leur ayant rendu grâce d’une pureté retrouvée, ils ont repris du service dare-dare.

Il résulte toutefois de cette sarabande un fond de l’air vicié par des particules si fines que nous sommes informés sporadiquement de leur concentration, avec, depuis le début de l’année, un hôte imperceptible lui-aussi, un virus nous obligeant à nous masquer en attendant son remède.

Contraints au sacrifice journalier de quelques morts, les plus fragiles parmi les milliers d’infectés par cette peste, des palabres incessantes commentent la situation, rappelant les dispositions, les obligations, les gestes barrières, comme il est dit.

Nous avons un avenir, c’est certain, mais plus de futur. Bien sûr, les vélos, électriques ou seulement à pédales, les trottinettes, simples ou à moteur, les planches à roulettes dessinent un nouvel environnement, mais la marche à pied reste notre latin, ce qui va nous remettre debout.

Moderato cantabile

L’image en frontispice montre bien mon état d’âme après ce détour dans l’antre du diable

Voilà, à force, a la is tor ( expression arabo-andalouse ), vieux juif-arabe qui déplore ce qui va nous arriver, on répondait là, il s’est tordu, pour nous moquer d’un côté ancestral que nous ne pûmes vaincre.

Nous sommes un couple exemplaire – je veux dire de gens très, très différents – plus paradoxaux, tu meurs, elle spontanée, vigoureuse, et moi, réfléchi, inerte, ou presque.

C’est ainsi qu’après chaque journée plus que remplie, débordante, quand elle consent enfin à s’arrêter, elle ouvre notre couche et, se croyant au bord de l’eau, elle plonge carrément dans ce lit qui, un jour, fatalement, craque.

Et, à la sieste, c’est ce qui nous est arrivé, qu’elle conclut d’un  » J’ai cassé le lit!  » avec des yeux ronds et une mine dépitée.

Une fois les dégâts constatés – une ferrure s’est brisée nette – nous téléphonons à un Temple du Bricolage-Décoration-Jardinage –  » Y a une férule du lit qui s’est cassée…  » dit-elle, et au bout, il la comprend jusqu’à lui envoyer derechef sur le portable une photo de la pièce en question.

Quand elle conduit, j’ai la nette impression d’être dans un tank alors que j’étais pointeur sur un canon de 105, ce qui est plus stable il est vrai.

Nous sommes accueillis comme si nous étions attendus et en montrant la photo de l’engin, ils nous indiquent sur le plan où nous sommes et où nous devons aller. Elle trouve immédiatement la pièce et je parviens, non sans mal, à imposer les vis qu’il lui faut.

Peu de temps après, la pièce est fixée à l’endroit et à sa place. Ce soir, je dormirai horizontalement, com dab…

La graine de salsifis sauvage

En fait, devoir porter ce masque tout le temps et partout me semblait une mesure autoritaire, un confinement qui n’en a pas l’air- même si ça rime – alors qu’on claironnait qu’il n’y en aurait plus, plus jamais. Je m’en étais ému, à tel point qu’en relisant le premier article intitulé  » Ah! Ah! Ah!  » je m’aperçus qu’il ressemblait au deuxième, comme un frère ou une sœur, jumeau ou jumelle, qui disait toujours la même chose mais en l’écrivant différemment, c’est dire si ça me tenait à cœur.

Et comme un écho au titre que j’avais renouvelé – Ah! Ah! Ah! (2) – je reçus un e-mail d’un éminent infectiologue belge corrigeant explicitement les positions que j’avais exprimées, à savoir les véritables vertus de cette nouvelle obligation.

Effectivement, ce masque filtre tous les corpuscules nuisibles au dessus de 3 microns, taille des fameuses gouttelettes qui transportent les virus ou leurs répliques, avec l’inconvénient de s’évaporer libérant alors les corpuscules pour leur tâche morbide.

Donc, sans entrer dans les détails, il faut le porter pendant un mois au moins pour résister sinon commencer à vaincre cette peste.

Pourtant, à chaque fois que je croise ce que j’appelais un soleil dans ma prime jeunesse, vous savez ces filaments blancs se réunissant au milieu d’une petite sphère, volant lentement, puis épousant une bouffée d’air, s’éloignant, échappant à la vue, rien ne les soutient que le rayon de lumière où ils naviguent.

Je suis intimement persuadé de la nature volatile du Covid-19, même si les gouttelettes excrétées qui les les charrient soient les seuls véhicules qu’on leur reconnaît, à l’instar de la capillarité, la gravité ou la pression atmosphérique ne le concerne pas.

Bon, bien sûr, il faut pouvoir l’imaginer…

Ah! Ah! Ah! (2)

Au fur et à mesure  de la crise que nous traversons depuis bientôt huit mois, les mesures contre la Covid- 19 ont évolué et finalement arrêtées sur une petite liste dénommée gestes barrières censée lui faire face et pour clore la manœuvre, le port constant du masque partout en ville, sauf au lit la nuit quand on dort et dans la voiture avec un passager familier. Ainsi, nous continuons à nous servir de méthodes déjà éprouvées avant le moyen âge par ce confinement particulier, portatif et individuel, ce masque grand public que nous opposons à cette vermine. Bien qu’il nous soit clairement expliqué qu’il sert surtout à protéger les autres de nos projections et vice versa, il est destiné à arrêter les corpuscules au-dessus de 3 microns qui foisonnent dans l’air ambiant, tout en sachant que ce Coronavirus fait 0,06 microns, s’infiltrant alors comme à travers une passoire. Heureusement qu’il ne tue que les gens déjà fragiles et les personnes en fin de vie qui, d’une façon ou d’une autre y aurait eu droit. Donc, comme disait Édouard Philippe, nous devrons vivre avec ( pourquoi ne pas le dire franchement, mourir avec ), c’est à dire nous contenter des scores les plus bas de cette nouvelle recrue dans nos maladies infectieuses.
M’étant constamment battu pour signifier sa nature volatile due à sa petite taille, l’aérosol pour être précis, on peut s’attendre à une recrudescence de la contagion puisque on a généralisé sa transmission (Allo Papa Charly) en faisant croire aux braves gens qu’ils sont ainsi protégés les uns des autres. Là, ils sont tous branchés.

C’est ainsi que nous allons accélérer sans le savoir cette immunité collective et peut-être hériter de pattes d’oie à chaque coin de l’œil. Pourquoi pas?

(Ces mystères me dépassent.  Feignons d’en être l’organisateur) Jean Cocteau – Les mariés de la Tour Eiffel. 

Ah! Ah! Ah! …

 

What do you want to do ?

New mailCopy

La même personne qui avait introduit le poison du doute dans mon esprit quant  à  l’origine de la pandémie à savoir le Championnat du Monde de Bridge ayant eu lieu du 14 au 28 Septembre 2019  avec deux mille participants m’a ensuite demandé de lui parler d’autre chose, de plus distrayant.
Je n’ai pas eu besoin d’elle pour avoir une nouvelle inquiétude concernant le Coronavirus et sa physiologie, et pas moins de cinq mois pour convaincre toutes les Autorités, et pas des moindres, de la nature d’aérosol que ce virus prenait pour vecteur.
Il y a une discordance entre la clameur le tintoin, le raffût, causé par la Covid-19, qui, finalement, fait ce qu’elle peut pour ressembler à une véritable pandémie, toute mondiale qu’elle soit et qui ne tue que 2% des personnes vulnérables déjà atteintes par d’autres pathologies autrement funestes, telles que l’âge, le cancer, les maladies cardio-vasculaires, le diabète, l’obésité, la tuberculose, qui revient, et j’en passe, aussi meurtrières, certes, mais plus discrètes elles, qui t’exécute radicalement, comme à pile ou face: ou tu sors guéri au bout de trois quatre jours ou tu y passes de toute façon,  mais après trois semaines de coma, d’où tu émerges, ressuscité  oui , mais dans quel état… presque mort.
Cela n’atteint pas notre démographie, cela en change un brin les termes. Et puis mourir de ça ou d’autre chose, il le faut quand même, alors…
En tout cas, si on avait oublié  » la Faucheuse  », maintenant, elle est revenue en masse. Nous ne sommes pas allés jusqu’à en représenter sur nos masques la mâchoire ossifiée en blanc et noir et le trou du nez en noir, mais, peu ou prou, elle est parmi nous, tout le temps.
D’ailleurs, les Autorités ne s’y sont pas trompées, le Premier Ministre, Edouard Philippe, a déclaré en baissant les bras  » faudra vivre avec  », et depuis nous sommes devenus les acteurs, les pantins de cette pantomime ( j’allais dire Fantômime ) et passibles d’une amende de 135 euros si on ne joue pas le jeu du masque, si on ne fait pas semblant d’y croire. Car, à part cet affichage tenant chaque pestiféré à distance, il ne nous protège que de nous et de nos miasmes, laissant le virus circuler et reprendre sa danse par-ci, par-là.
Autant ces masques chirurgicaux étaient indispensables pour protéger les soignants et tous ceux qui assuraient la survie de la société, autant ces passoires ne filtrent que  les corpuscules au-dessus de 3 microns, laissant la voie libre dans les deux sens  à nos amies largement inférieures(moins de 0,0 et quelque micron)pour infecter les cellules du système respiratoire quand elles sont assez virulentes pour déborder notre système immunitaire.
Nous constatons, malheureusement l’incapacité de nos Ediles, médicales ou politiques pour décrypter la situation et prendre les mesures nécessaires à une lutte de grande envergure contre ces virus dont la capacité de réplication nous laisse loin derrière avec nos précautions archaïques, nos 70% d’asymptomatiques des testés, nos tracings et nos simagrées autoritaristes.
Un collectif de citoyens avisés devrait pouvoir mettre fin à ce fiasco qui ne peut que nous mener à cette catastrophe annoncée par ces huit mois d’atermoiements, d’allers-retours, de mensonges éhontés, indignes d’une démocratie représentatives.
La peur n’évite pas le danger.

Retour vers le présent.

20190328_085355_001[1]Elle me dit:  » Avec cette opération, vous avez subi une rupture dans votre temps et vous êtes à la recherche d’une continuité que vous avez perdue.  »

C’est donc ça! Et l’étrangeté que j’ai vécue n’était pas seulement due à mon amoindrissement physique, ce vieillissement soudain de toute ma personne, comme si je m’étais réveillé dans quelqu’un d’autre, il y avait aussi cet éloignement d’un passé très récent dont je me retrouvais séparé, jeté sans transition dans le futur, dans mon futur.

Muni de cette information essentielle, j’ai échappé à l’assignation à résidence qu’ont nécessité les soins quotidiens du puits donnant sur ma trachée, aux séances hi-hebdomadaires du Kiné pour récupérer un peu d’homogénéité après la dispersion occasionnée par cette opération qui a détourné le circuit de ma respiration, et celles de l’orthophoniste censées me redonner une voix désormais perdue dans l’ablation de mon larynx, y compris de mes cordes vocales. Maintenant, je parlerai sur un son créé de toutes pièces à partir de l’œsophage, du sphincter qui l’obture, dont je n’avais soupçonné l’existence qu’à l’occasion de rôts intempestifs dont on demande pardon, comme tout le monde, pardon, sauf chez les Arabes où ils sont bienvenus. Bon, pourquoi pas?

C’est ainsi que je vais renouer les deux bouts de mon temps en retrouvant mes chers amis de la Côte d’Azur que je n’ai pas revus depuis tout ce temps. Bien sûr, je ne suis plus le même, avec ce brin tremblotant, sépulcral, cette sorte de grincement qui me sert de voix pour l’instant, et sans mes histoires que je raconte si bien, ma pensée que je déploie à l’envi à qui veut l’entendre, mais qu’importe, je suis sûr qu’ils vont me reconnaître, avec tous les souvenirs que nous partageons. Et puis, qui est comptable de mon temps si ce n’est ce cher réseau d’affection, ce bloc de reconnaissance, cette garantie de mon existence.

Montaigne disait déjà à propos de l’amitié qu’il portait à Monsieur de la Boétie:   »Parce que c’était lui, parce que c’était moi…  »

Ma démarche.( Enrichie)

Il faut faire tout ce qu’on peut pour ne pas mourir idiot, et il n’est jamais trop tard, je suis d’accord, mais il y a des mystères qu’on risque d’emporter avec soi.

Ma démarche est ridicule, je le sais. Assis, ça va. Couché aussi. Debout, c’est bon encore; mais, dès que je me mets à marcher, patatras, rien ne va plus. Un bon copain me dit:  » Tu marches comme un Sénateur… », un autre:  » C’est ta façon, que veux-tu…  », et tous acceptent de ralentir l’allure, d’accompagner cette lenteur quand ils marchent avec moi.

Toutefois, quand je suis seul au milieu de la foule, je suis largué, tout un chacun  me double, me passe devant, me croise en me coupant la route, me frôle, s’impatiente derrière moi, et on dirait que je suis arrêté. Alors, pour être comme tout le monde, j’agrandis mes enjambées et il me semble que je saute comme une danseuse classique ou que je vais finir en grand écart. Ou bien je multiplie mes foulées pour marcher à la même allure qu’eux et j’ai l’air de trotter comme un rat. A New York, ce fut terrible. Là bas, la plupart des gens sont plus grands que toi et, en plus, ils sont tous pressés, très pressés. Au milieu de ces gigantesques robots sur ces immenses trottoirs dans l’ombre des gratte-ciels, tu es complètement tourneboulé, et tu rases les murs pour ne pas être flippé à droite ou à gauche, coincé dans un bomper qui va te propulser je ne sais où et disparaître,  tilté.

Et puis, alors que nous sortons du café où je rencontre mes amis juifs pieds-noirs tous les jours ou presque et que nous commençons à marcher, j’observe que je vis quelque chose d’inhabituel, de bizarre. Au milieu d’eux, je ne ressens pas cette presse, cette cohue redoutée: je marche comme eux, ils marchent comme moi. C’est fou, en traversant la mer méditerranée, nous avons emporté avec nous notre accent, c’est sûr, mais pas seulement, notre déambulation nous a suivi.

Enrichie.

Oui, depuis quelque temps, la contracture à gauche de ma colonne vertébrale, au niveau du nombril derrière, me fait souffrir – sans doute la perte de tonicité de ma musculature – et j’ai décidé de m’en soucier, de m’en occuper.

C’est une vieille avanie qui se manifeste en raison de l’usage quotidien de mon corps, une certaine usure, normale depuis tout ce temps. Bien sûr, dit le Kiné, maintenant c’est installé, et ça va être difficile à modifier.

En vérifiant l’état des lieux, je constate effectivement une différence de hauteur entre mes deux épaules, visible aux traces éphémères laissées sur l’huis: trois centimètres! C’est énorme… Comment ai-je pu traîner ça sans le savoir? En fait, ma contracture l’a enregistré progressivement et le ressort maintenant sous la forme d’une rotondité, d’un nœud souffrant.

Une semelle intérieure prélevée sur une autre chaussure corrigera peu à peu cette erreur de la nature et je me souviens, quand nous longions la plage de sable, mon cousin beaucoup plus petit que moi me demandait de marcher du côté mer, à l’aller comme au retour.

C’est connu, on a toujours besoin d’un plus petit que soi, mais là j’suis tout seul, alors je marcherai sur le trottoir dont la pente, infime soit-elle, compensera le mieux mon handicap.

Je ne sais pas qui a construit la Tour de Pise, il était gonflé, le mec…

Pile ou face?

Ou bien la courte-paille, le marc de café, colin-maillard, en tous cas, ça y ressemble. Pour en arriver là, cinquante millions d’individus en état de marche se sont mobilisés pour choisir celle ou celui qui va les diriger pendant cinq ans,autant chercher une aiguille dans une botte, que dis-je, une meule de foin. Un truculent Député communiste, Jacques Duclos, disait à l’époque  » C’est bonnet blanc et blanc bonnet  ». C’était l’heureux temps où les Gouvernements valsaient tous les quinze jours, comme les quilles au bowling. Le Général De Gaulle y mit un terme avec la Cinquième République et sa nouvelle Constitution, avec un Président qui a toute l’autorité, un Premier Ministre et son Gouvernement pour exécuter sa politique et une Majorité qui lui est acquise. A part la Cohabitation, l’horrible chose dont il n’avait pas prévu tous les charmes. là, on en prend pour cinq ans fermes, c’est beaucoup plus stable.

Toutefois, avec tous ces commentaires, les choses et leurs contraires, on aurait presque l’impression d’avoir à choisir entre la peste et le choléra.